x
NewsLetter :
Les news par e-mail
-
Agenda, le meilleur agenda des sorties

9 décembre 2013

 Conflit chez les pompiers : encore une grève stupide ?

Comme pour la dernière grève des TEC, la population liégeoise va pester quand elle va comprendre les raisons qui justifient le blocage de la rue Ransonnet depuis plusieurs jours. L’artère est fermée à la circulation, obstruée par les restes d’un grand feu de carcasses de voitures et d’éléments de bureau ou de matériel, ce qui provoque des bouchons supplémentaires entre Outremeuse et Féronstrée. De quoi, une fois encore, pénaliser la population aux heures de pointe, à l’heure où des chantiers concomitants congestionnent déjà la ville.

Si le passage n’a toujours pas été rétabli après un mouvement de colère des pompiers liégeois qui a poussé certains d’entre eux à démonter le bureau de leur commandant et à tout brûler dehors avec du matériel d’intervention (casques , pneus de radio et matériel radio), c’est simplement parce qu’une dizaine d’excités a menacé d’activer un autre brasier ailleurs dans la ville… si quiconque y touchait.

IMG_7946Car il apparaît que Misikir Corhay, délégué CGSP à la tête du front commun syndical, n’est pas opposé à ce qu’on dégage la rue et que l’on rétablisse la circulation ! Il condamne aussi le fait que ces mêmes extrémistes aient également saboté des camions d’intervention, peint en jaune les porte de vestiaires de collègues non-grévistes et soucieux d’un service minimum, fait pression sur leurs épouses par téléphone, etc.

Il semble donc manifestement que les responsables syndicaux aient du mal à gérer leurs troupes – et les débordements afférents- à l’heure où les pompiers liégeois vivent leur première grève effective à Liège… et même en Belgique. « Auparavant, on menait des actions mais on assurait toujours le service. Alors on manifestait autrement : en n’effectuant pas, par exemple, les tâches administratives ou la corvée des poubelles et l’on exprimait notre désaccord dans la caserne. Ce mode de contestation ayant été interdit sous peine de mesures disciplinaires, il nous a été dit que nous n’avions qu’à faire de vraies grèves et que la direction était à même de les assumer en termes de maintien du service. Cela n’est semble-t-il pas le cas !  », explique Misikir Corhay.

D’autres médias épinglent le mécontentement des hommes du feu depuis l’affichage d’un projet de règlement qui ne leur permettrait plus d’acheter 80% de leurs habits de travail dans des enseignes qui vendent également du prêt-à-porter familial. (Dorénavant, 70% de leur budget d’habillement devra être « dépensé » pour du matériel d’intervention en interne.) Mais, en réalité, il ne s’agit que de l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Le problème est plus profond.

«  Entre l’ancien commandant, intelligent mais trop attentiste, et le nouveau qui prend des décisions trop vite, le malaise est présent depuis longtemps  », résume un pompier bien placé. L’ancien, Jean-Marc Gilissen, était en congé de maladie depuis 2012 pour burn-out, puis a démissionné en novembre. Mais il a en réalité été victime d’une fronde de ses officiers (disent les syndicats) et d’un lâchage en règle du pouvoir politique. « Depuis un moment, on s’étonnait de voir la secrétaire générale Chantal Dupont consulter le Major Luc Schevenels (son remplaçant, actuel commandant faisant fonction en attendant sa nomination, ndlr), devant M.Gilissen, sans que ce dernier ne soit même interrogé », raconte un officier.

Jugé autoritaire et militariste, le commandant Schevenels, qui avait organisé un entrainement militaire en tenues de camouflage dans les bois pour les nouvelles recrues, est soutenu à 100% par la direction de l’intercommunale d’incendie. Ce que confirme Serge Cappa, son président. Mais dans la caserne, beaucoup n’apprécient pas son style.

Certains s’interrogent donc sur les jeux et soutiens politiques qui ont vu la chute et l’avènement des deux commandants. Peut-être un chef plus autoritaire sera-t-il aussi un meilleur vecteur pour faire appliquer des mesures de restrictions ?

Au milieu de ces (en)jeux, politiques la grande majorité des pompiers, animée par le sens du service à la collectivité, s’excuse sincèrement auprès de la population. «  La plupart ont une boule au ventre et sont mal à l’aise chez eux », nous assurent plusieurs sapeurs et officiers « remplaçants » au milieu de la caserne. Comme cela arrive de plus en plus souvent dans les conflits syndicaux actuels, on assiste à une crispation sur des problèmes secondaires entre la direction et les représentants des travailleurs, parfois tous un peu trop crâneurs. Avec, en otage, tous ceux qui pensent (trop ?) simplement à travailler au jour le jour, en cette période de crise.
Regrettable évolution du principe de la grève ? En attendant, il est à espérer qu’une catastrophe ne survienne pas à l’heure où notre service d’incendie n’est pas véritablement opérationnel.

tempo



Sources :  
 
Article précédent : Le {record} du plus long boudin blanc est batttu !
Article suivant     : {Météo} : temps frais, sec et ensoleillé

Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler, une info à nous communiquer ?
Ecrivez à redaction_AT_todayinliege.be en indiquant éventuellement le lien de la page concernée.