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3 octobre 2013

 Les non-baptisés toujours discriminés à la faculté vétérinaire de l’ULg : la preuve

Les commentaires autour de l’accident de Fanny, étudiante de 2e année vétérinaire tombée dans le coma à la suite d’une trop grande consommation d’eau lors d’une activité avec ses parrains de baptême ternissent, à tort, le folklore estudiantin liégeois. Car les accidents sont heureusement rares et la tradition s’inscrit sans problèmes dans la vie universitaire.

Mais ce fait divers pointe davantage les pratiques de la faculté de médecine vétérinaire de l’ULg où le côté clanique et très peu transparent des étudiants baptisés perdure. Car si l’on fait fi du baptême en lui-même que certains qualifient encore d’assez « hard », « gore » voire « sexuel » alors que le recteur parle de pratiques de bizutage, la discrimination entre les baptisés et les non-baptisés (appelés « chroniques ») y sévit encore.

La plupart des étudiants et des membres du personnel académique s’accordant à dire que la situation a bien évolué depuis 10 ans, il semble heureusement acquis que le fait de ne pas participer au baptême n’empêche pas les bons étudiants de réussir leurs études. « Mais dans le cas d’un professeur d’anatomie pro-baptême, qui participe régulièrement à des soirées avec les étudiants baptisés le mercredi soir à l’office des cours (où lesdits cours sont imprimés, ndlr), cela fait clairement pencher la balance pour les étudiants qui sont un peu faibles », relève un assistant de la faculté.

Pour ce qui est du partage des résumés, des tuyaux ou des anciens examens, le bât blesse également. Sur le forum Portailvété de la Société Générale des Etudiants en Médecine Vétérinaire (qui a bénéficié de maintenance depuis notre interview) on peut d’ailleurs découvrir les propos explicites du président de l’association se plaignant, en juin 2013, que les documents en question soient transmis à des non baptisés. On y lit : « Le Portailvété appartient aux Cureghemois* », soit les baptisés. C’est-à-dire qu’on prend, on donne, c’est du partage. Mais malheureusement l’utilisation de certaines personnes peu scrupuleuses ressemble de plus en plus à du pillage. (…) Merci quand même à la majorité des Cureghemois qui n’ont pas oublié leur serment.  ».

Contacté par téléphone, le président Emmanuel Achard nie la persistance de discriminations et justifie ses propos en avançant qu’un groupe d’étudiants peut partager ses tuyaux et résumés personnels comme il l’entend. Mais dans la bouche d’un représentant d’étudiants qui a signé la charte de baptême, en présence du recteur, et s’est engagé à ce que ne pas faire son baptême n’ait aucun impact sur le cursus académique... cela est-il acceptable ? Outre le mauvais exemple, le fait de mettre en avant le « serment des baptisés » montre que l’on dépasse bien le cadre d’un simple groupe d’amis.

Un autre problème réside dans le principal rôle de la SGEMV, qui ne regroupe en pratique que des baptisés. Son rôle officiel est « la représentation étudiante au sein des différentes instances de la Faculté de Médecine Vétérinaire et de l’Université de Liège ». Ce qui équivaut à dire que, par ce biais, tous les étudiants ne jouissent pas des mêmes droits démocratiques dans la vie de leur faculté.

Enfin, dans la mesure où de mauvaises habitudes persistent chez certains praticiens essentiellement belges, il arrive encore que les non baptisés peinent à trouver un stage ou manquent un job de vaccination, par exemple. Les habitudes ont la vie dure. Mais, ne fût-ce qu’en vertu des valeurs d’égalité, sont-elles toujours acceptables ?


(*) C’est à Cureghem que la faculté était installée, jusqu’en 1994. Et avant le déménagement au Sart-Tilman, l’exclusion des rares non baptisés y était très dure.

tempo



Sources :  
 
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