15 février 2009
Activateur des stewards et du centre-villeS’il en impose par sa taille (1 m 98), ce nouveau venu sur notre scène urbaine joue avant tout la carte de l’humilité. Et ça peut être une bonne tactique lorsque l’on est au centre d’intérêts parfois contradictoires comme entre ceux des mandataires politiques et ceux des commerçants du centre-ville.
Car Pierre Grandjean est le nouveau gestionnaire de l’asbl Liège Gestion Centre Ville, qui coordonne notamment le travail des stewards urbains depuis le 1er juillet.
A 40 ans, le successeur de Christian Glenet rappelle son parcours : naissance à Liège, des humanités au collège Saint-Barthélemy avant d’entamer un graduat en commerce à Sainte-Marie, puis une licence en communication à l’ULg et un travail de régisseur général dans l’audiovisuel. « J’ai fait un peu toutes les émissions de la RTBF et pas mal de séries comme Maigret ou Navarro. Dans les années ’90, le tarif des figurants et les salaires étaient nettement moins chers en Belgique. Et puis, on peut trouver beaucoup de décors différents dans un rayon de 50 km, sans avoir à reloger toute l’équipe de tournage à cause des déplacements plus longs. »
(On ne s’étonnera donc pas que Pierre Grandjean ait déjà réalisé un film vidéo présentant les activités et missions de la Gestion Centre-Ville. )
Mais l’insécurité du boulot de régisseur finit par lui peser. C’est l’envie de se poser un peu, et d’envisager d’avoir des enfants à qui raconter toutes ses histoires, qui le pousse à postuler ailleurs. Et finalement, pour rester dans un travail de coordination.
D’un abord qui peut être perçu comme un peu froid, cet ancien basketteur se révèle sympathique mais posé. Et hormis les sorties culturelles et la BD, passe l’essentiel de ses loisirs à prendre soin de ses amours et de ses amitiés. Heureusement, le paquet de cigarettes posé sur son bureau rappelle qu’il n’est pas parfait.
Son style à lui ? Assurer la continuité d’une association « qui ne l’a pas attendu pour être ce qu’elle est », et qui a, dit-il, obtenu le prix… de la continuité, de la part de l’AMCV (Association du Management de Centre-Ville).
Même face à des sujets chauds comme le refus de Maguy Yerna, Echevine du Développement économique et du Commerce et présidente de l’asbl LGCV, que les stewards participent à une campagne de promo pour la consultation populaire Liège 2015 du 22 février, l’homme reste calme, docte. « Je n’ai rien contre les membres du collectif, le dialogue est bon. Mais nous ne pouvions accepter de prendre parti pour le ‘oui’. Or, leurs affiches n’étaient pas vraiment neutres puisqu’elles comportaient la mention ‘tous aux urnes’, mais aussi ‘on va gagner’ ».
Les missions de la Gestion Centre-Ville ?
Propreté, mobilité, information, sécurité et animation. Ce qui se traduit, en terme d’exemples, par des opérations propreté, la gestion de voitures partagées, un chalet d’information en Vinâve d’Ile, les circuits des stewards et l’encadrement des grandes manifestations liégeoises. « Et puis, on sert aussi de labo. L’expérimentation de la location de vélos à 1€ qui n’a pas bien marché malgré une véritable campagne d’annonce. Je ne suis donc pas convaincu que Liège est faite pour le vélo. Par contre, c’est une ville piétonne. Et l’un de ses points forts par rapport à d’autres villes proches est la diversité et l’importance de l’offre commerciale. Il faut aussi savoir qu’il est possible d’effectuer un parcours piétonnier d’1km et demi en plein centre, en ne traversant qu’une seule rue, et sans jamais revenir sur ses pas. »
Reste que si Pierre Grandjean ne se pose pas comme un révolutionnaire, il a tout de même obtenu que le quartier des Guillemins fasse maintenant partie du « territoire » des stewards, qui y effectueront aussi de petites livraisons pour un prix avoisinant les 2€ la course . La gare est tout de même, pour beaucoup, le premier contact avec la Cité Ardente. Il serait dommage de ne pas le soigner.
