Depuis le mois passé, le musée La Boverie met en lumière un pan parfois méconnu du grand mouvement artistique qu’est l’impressionnisme. Près de 150 œuvres belges et internationales sont réunies pour faire dialoguer les maîtres français avec l’avant-garde belge. Et, disons-le d’emblée, il s’agit de l’un des événements les plus réussis que l’on a pu y voir jusqu’à présent, qui mérite assurément le déplacement. Tant dans le choix des œuvres que de leur disposition ou de la lisibilité de l’ensemble. Pour une fois, l’exposition donne une impression spacieuse, en laissant bien ouvert le bel écrin architectural du musée. De plus, le bâtiment, construit en 1905, à une époque où l’impressionnisme belge connaissait un véritable essor, trouve ici une vértiable osmose.
Cette superbe expo raconte autant les paysages (avec une récurrence de la mer du Nord et du littoral qui a beaucoup inspiré) et l’histoire de notre pays à cette époque que les peintres eux-mêmes. Les textes et explicatifs, qui se déclinent aussi en vidéo, sont bien écrits et limpides.
Et, bien sûr, les œuvres sont belles, diversifiées et choisies. Les peintres connus comme Félicien Rops, Eugène Boudin, James Ensor, Pierre-Auguste Renoir et Alfred Sisley y côtoient harmonieusement ceux qui le sont moins comme Louis Heger, Georges Morren, Juliette Wytsman ou Théo van Rysselberghe. Avec un volet impressionnisme au féminin et un espace consacré à des photogravures.
Dans ce qui est donc une belle réussite de Tempora, en collaboration avec le CIAC, l’on regrettera toutefois le fait que les peintres liégeois n’y soient pas davantage exploités. Mais on ne stigmatisera pas les choix d’œuvres belges et françaises de l’organisateur, pour retracer l’histoire de l’art moderne en Belgique à partir des années 1860 et à travers ses différentes manifestations. Cela, jusqu’à son épuisement à la veille de la Première Guerre mondiale.

Théo Van Rysselberghe, Nu blond ou Nu de dos (devant la glace), ca. 1902-1905 © Collection privée / Tempora
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