Les terminaisons trainantes de son accent liégeois sont désormais noyées dans les lenteurs du parler suisse. Du Valais, plus précisément, où la sympathie toute liégeoise de Benoît Nelissen s’est aussi enrobée de la bonhomie un peu plus fermée des alpages et d’une certaine humilité face à la montagne.

En 2002, ce graphiste de formation, né et habitant en Cité ardente, s’est laissé entraîner -comme aidant- par un ami qui s’occupait des cabanes pour les randonneurs l’été. Il y découvre la station par le haut après un héliportage de rêve, directement en altitude. Mais c’est en redescendant au village au terme de trois semaines de travail qu’il chavire pour de bon, devant une authentique raclette au feu de bois : « Là, vraiment, je suis tombé amoureux de Grimentz, de ses montagnes et ses fromages », se remémore celui qui travaille aujourd’hui aux remontées mécaniques de sa station de cœur. Et si l’on soustrait une parenthèse de trois ans pour revenir suivre une formation d’électricien en Belgique, cela fait 17 ans que cela dure au fil des jobs qui s’enchainent : skiman (technicien-vendeur) dans les magasins de location, manœuvre dans le béton, gardien de cabane, électricien et finalement employé aux remontées mécaniques.

Situé à 8 heures de voiture de Liège, ce village typique du Val d’Anniviers couplé à Zinal, dont les ruelles sont ornées de géraniums l’été, est un paradis pur les skieurs et promeneurs l’hiver. L’enneigement y est garanti de novembre à avril, grâce à une majorité de pistes situées entre 2000 et 3000 mètres. Grimentz-Zinal (115 km de glisse) est le plus grand domaine skiable de la vallée, encadré par la Couronne Impériale qui réunit en panorama cinq sommets à plus de 4000 mètres. Une balade en raquettes jusqu’au glacier, une journée en luge à Chandolin, une initiation à la cascade de glace, ou tout simplement une promenade à pied jusqu’à l’Hôtel Weisshorn… l’offre est multiple et se prête à tous les niveaux.

C’est certainement ce qui a séduit le petit groupe de Belges et de Liégeois qui y ont débarqué à partir de 1988. « A côté des pôles très fréquentés comme Verbier, Crans-Montana ou Zermatt, c’est une station plus familiale pas encore trop connue où les gens reviennent pendant longtemps. C’est aussi un très beau domaine freeride au moins équivalent à cinq fois la superficie des pistes», se délecte notre vrai travailleur helvétique. Avec de réels avantages financiers, si l’on tient compte du cout de la vie plus élevé en Suisse ? « On est assez bien payés puisque les salaires sont trois fois plus élevés que les belges. Et comme le coût de la vie est, lui, une fois à une fois et demi plus élevé qu’en Belgique, il y a vraiment moyen de mettre de l’argent de côté ou de se payer de belles vacances. Mon pote Jean-Luc, par exemple, prend deux mois de vacances chaque année. »

L’on sent bien, toutefois, que Ben n’est pas stimulé par l’argent. « En Belgique, je ne pourrais jamais avoir une nature comme j’ai ici », apprécie-t-il, encalminé dans la petite cabane d’altitude qui commande un téléski, ce remonte-pente pour skieurs plus familièrement appelé tire-fesses. «Vivre toute l’année à 1500 mètres d’altitude dans un petit village typique avec que de la nature autour, ça n’a vraiment pas de prix. Ca me comble encore tous les jours lorsque j’ouvre mes volets et que je vois cette montagne toute blanche comme dans une carte postale avec soleil, le vent et le stress en moins»


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