Au début du mois de juillet, alors que Today in Liège commençait ses vacances, nous recevions le témoignage (appuyé par des photos) d’une personne employée -subalterne- aux Serres du Jardin Botanique. Souhaitant conserver l’anonymat pour ne pas entrer en conflit direct avec les autres membres de l’équipe, elle nous alertait d’une situation calamiteuse, tant dans la gestion des plantes que dans celle du personnel... de ces serres de style victorien datant de 1841. « Beaucoup de plantes historiques exotiques des serres ont crevé. Je parle de caféiers, par exemple, ou de certains arbres qu’on n’a pas l’habitude de voir et qui ne sont plus là », nous expliquait-elle. « Les serres sont infestées de nuisibles: thrips, cochenilles, pucerons, fourmis et cafards. Tout cela grignote et abîme les plantes. La gestionnaire, elle, a dynamisé le bar. Tous les bobos adorent: c’est joli, plein de plantes, ambiance cool, etc. Du coup, la troupe du bar pense qu’elle est géniale parce qu’elle fait rentrer de l’argent. Mais personne ne va jamais dans les serres ».

Et de poursuivre: « Le jardin extérieur, conçu comme un jardin sauvage à faible entretien, oui, mais pas entretenu du tout. Il y a même un tas de briques au milieu. »
Côté ambiance de travail, c’est un contexte très difficile qui était dépeint, altéré par du favoritisme et un management autocratique, avec deux employées décrites sous anxiolytique. Bref, il y avait manifestement un vrai malaise.

Quelques jours plus tard, Catherine Robert, la coordinatrice, annonçait sur les réseaux sociaux son licenciement par le conseil d’administration de la Maison Liégeoise de l’Environnement. C’est en effet cette ASBL qui a la gestion de l’endroit, depuis que l’université l’a confié au SPW, en 2014.

Dans les nombreuses réactions extérieures consécutives, deux camps se font face. Il y a celles et ceux qui louent son dynamisme, la visibilité des Serres grandement améliorée, les petits événements organisés comme les apéros,… Et puis les autres, qui dénoncent une piètre gestion des milliers de plantes et un détournement de l’outil.
Vu les remous, une réunion de rencontre et d’échanges fut organisée sur place, le 4 septembre, avec les riverains, volontaires et utilisateurs du site. Confirmant la rupture de collaboration, le CA indiquait néanmoins que, par respect pour les personnes concernées et le cadre légal, il ne commenterait pas davantage publiquement cette décision.

Communicatrice professionnelle (elle gère en parallèle une agence de com) et femme de réseaux, Catherine Robert agite, elle, le landerneau et se défend publiquement, évoquant des critiques non fondées et des rumeurs diffamatoires. Hier, elle a publié une lettre ouverte aux Liégeois.es et aux ami.e.s des Serres du Jardin Botanique de Liège: « Pendant plus d’un an et demi, avec une équipe de 9 personnes et le soutien de nombreux bénévoles, j’ai consacré toute mon énergie à redonner vie à cet espace magnifique. Les Serres, longtemps restées dans l’ombre, se sont ouvertes à nouveau aux habitants, aux riverains, aux étudiants, aux touristes : un site nettoyé, embelli, animé, où soufflait l’esprit liégeois et où la nature reprenait toute sa place. Le Péristyle s’est muté en un lieu de vie, convivial et accueillant pour tout le monde. La librairie a elle aussi entamé son développement et devrait gagner en visibilité.
Dès mon arrivée, j’ai eu à cœur de mettre en avant les compétences et le savoir-faire de l’ensemble de l’équipe en place. (…) Pourtant, au lieu de s’en réjouir, et alors que Liège a besoin d’élan, de créativité et d’ambition, le conseil d’administration a choisi la voie de l’immobilisme. »

Nous avons contacté Catherine Robert par rapport à la mise en cause de ses méthodes de management et à la gestion des aspects botaniques critiquée. « Avant que j’arrive, chacun jardinait de son côté. J’étais en train de mettre en place une politique générale des plantes plus structurée, avec des objectifs définis. J’ai aussi mis fin à un trafic de plantes qui étaient revendues dans le flou. Par rapport au personnel, j’ai aussi mis fin à un système de récupération d’heures injustifiées et à des problèmes de consommation d’alcool sur le lieu de travail », balance-t-elle. « J’entends que des personnes disent avoir eu la boule au ventre pour venir travailler. Mais elles ne font, à ma connaissance, pas partie des 6 personnes, dont moi, qui ont déposé plainte chez Mensura pour mal-être au travail. »

Pour l’heure, l’association recherche un nouveau coordinateur ou une nouvelle coordinatrice et met en avant, parmi ses missions, la gestion scientifique, la conservation et la valorisation des collections vivantes des Serres du Jardin botanique.
L’aspect événementiel n’est semble-t-il pas une priorité, surtout à l’heure où lesdites serres aspirent à recouvrer sérénité et qualité.


Suivant : Météo: un peu de pluie attendue l’après-midi
Précédent : La foire de Liège est réorganisée cette année, avec de nouveaux emplacements pour de futures attractions

► Une erreur ou une proposition d'article, contactez-nous.