« Il n’y a plus rien ! », lance une passante à sa fille, en venant de la place de la République française. Le constat est peut être trop sommaire. Mais, ces temps-ci, il est vrai que le centre-ville, en tout cas dans deux de ses artères les plus commerçantes, donne un peu plus l’impression… d’un centre vide. Les panneaux « à louer » ou « à vendre » ont malheureusement un peu trop fleuri et, en se superposant, offrent une vue assez désolante. Il y en a actuellement une vingtaine en Vinâve d’Ile et Pont d’Ile, avec même davantage de panneaux redondants.
Le problème n’est pas neuf. Et il concerne aussi bon nombre de villes européennes. En 2022, déjà, le constat était posé qu’un commerce sur cinq était vide au centre-ville de Liège. Si l’échevin de l’Attractivité commerciale et touristique, Fabrice Drèze (MR), se montre optimiste en évoquant des chiffres (difficilement vérifiables) recensant, sur cette période, un rien plus d’ouvertures que de fermetures, le commerce liégeois reste morose.
« Il est vrai que ces quartiers, historiquement très commerçants, connaissent encore aujourd’hui une période de transition », confirme Jean-Luc Vasseur, le président du Commerce liégeois. « Nous sommes enfin sortis des travaux du tram, ce qui est déjà un soulagement pour beaucoup de commerçants, mais la mobilité reste complexe. Le manque de coordination et de lignes de bus efficaces rend toujours l’accès au centre-ville difficile, notamment pour les habitants de la périphérie. Ce point est crucial : sans facilité d’accès, il est impossible de ramener un flux régulier de clientèle. Les deux axes Vinâve d’Île et Pont d’Île sont souvent occupés par de grandes enseignes, capables d’assumer des loyers élevés. Mais si nous voulons un tissu commercial équilibré, il faut aussi attirer de nouvelles marques tout en soutenant nos commerçants indépendants. »
Car le prix des loyers commerciaux est une problématique importante. « Beaucoup de petits indépendants ne peuvent plus suivre. Il est temps que certains propriétaires entendent raison et adaptent leurs montants à la réalité économique du commerce actuel. Un rééquilibrage est nécessaire si nous voulons maintenir une diversité commerciale et éviter la désertification de certaines zones », poursuit le représentant des commerçants.
Actuellement, la Ville essaie de prendre contact avec certains des propriétaires de surfaces commerciales pour leur suggérer de proposer des loyers progressifs, plus intéressants au début, pour les investisseurs.
« Côté sécurité, des actions concrètes sont menées et commencent à porter leurs fruits. Aujourd’hui, le flux touristique à Liège est excellent, mais il manque encore les Liégeois eux-mêmes. Ils ont un rôle essentiel à jouer consommer local, c’est soutenir l’emploi, la sécurité sociale, la vie de quartier et, finalement, leur propre qualité de vie », exhorte Jean-Luc Vasseur.
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