Dès son ouverture en 2020, en pleine pandémie de Covid-19, la clinique CHC MontLégia a introduit l’usage de robots AGV (Automated Guided Vehicles). Conçus pour transporter des chariots jusqu’à 500kg, ils ont été très utiles pour gérer les déchets médicaux liés au Covid, réduisant les contacts entre les membres du personnel.
Six ans plus tard, onze de ces robots circulent quotidiennement dans l’hôpital. Ils ne fonctionnent pas avec l’intelligence artificielle, mais grâce à un guidage laser ultraprécis entre des points scannés. Une équipe de quatre personnes supervise leur fonctionnement : deux techniciens électromécaniciens assurent les réparations de premier niveau, tandis que deux autres leur attribuent des tâches et surveillent la circulation pour éviter les… embouteillages.
Aujourd’hui, les AGV transportent bien plus que des déchets. Chaque jour, environ 500 flux sont gérés de 5h à 21h via des ascenseurs dédiés spécialement à ces robots. Mission numéro un : livrer les repas à chaque étage. Viennent ensuite la gestion du linge, puis des réserves en matériel du nursing. Le transport des poubelles, autrefois prioritaire, arrive aujourd’hui après la plupart des autres tâches.
Comme chez Amazon
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les AGV ne sont pas une technologie dernier cri. Ils sont apparus aux Etats-Unis dans les années 1950 pour transporter automatiquement des charges dans les usines (automobile, logistique). À l’époque, ils étaient très simples et suivaient généralement un câble électrique au sol pour se déplacer.
Aujourd’hui, les AGV sont largement utilisés dans les grands entrepôts et entreprises, comme chez Amazon. Ils s’occupent surtout des tâches physiquement exigeantes ou répétitives, réduisant la fatigue et les risques d’accident pour les employés. Qui peuvent ainsi se concentrer sur des missions plus « nobles » de supervision et de décision.
« Les robots ont été bien accueillis dès le début par le personnel, car l’hôpital est immense avec de très longs couloirs, expliquent Patrick Dewitte et Maxime Detheux, les responsables logistiques du MontLégia. Sans les robots, le personnel ferait plusieurs kilomètres par jour avec des charges lourdes. »
Emploi, sécurité et « pause de nuit »
Après le regroupement des trois anciens hôpitaux (cliniques Saint-Joseph, de l’Espérance et Saint-Vincent), Patrick Dewitte confirme que la présence humaine reste indispensable pour charger et décharger les chariots, mais aussi pour gérer la circulation grâce aux écrans qui indiquent la position des robots. « Quand on parle de robots, on pense à remplacer des humains. Mais pour le projet global des trois sites réunis, aucun plan social n’a été nécessaire. Les collaborateurs ont été réintégrés et la majorité a conservé sa place, parfois dans d’autres équipes. »
La sécurité est une priorité non-négociable et a été prévue dès le départ, en respectant les exigences syndicales. Pour éviter les accidents par exemple, un code couleur lumineux indique au personnel quand il peut entrer dans les zones où les robots manipulent les chariots.
Pour l’instant, le nombre de robots reste suffisant. Pour répondre à une hausse possible des flux, notamment pour la pharmacie, la direction envisage plutôt un fonctionnement 24h/24, avec une « pause de nuit » de 21h à 5h, afin d’optimiser la logistique sans devoir acheter de nouveaux robots.
Nasim Azadi
Dans le cadre du projet LIMENet, soutenu par l’Union européenne, Today in Liège a établi un partenariat avec le Master en journalisme de l’ULiège. Cet article, rédigé par un.e étudiant.e, en fait partie.
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