Alors que le marché des nouveaux panneaux photovoltaïques ralentit, la collecte et le traitement des panneaux en fin de vie sont en plein boom. Installés au début des années 2000, les panneaux de première génération sont à présent remplacés par des nouveaux plus performants. Il faut donc les recycler, et ça se joue en partie à Seraing.
À l’instar de Recupel pour les appareils électriques ou de Bebat pour les piles et batteries usagées, PV Cycle Belgium est l’organisme de gestion du recyclage des panneaux photovoltaïques en Belgique. Cette ASBL veille à ce que les producteurs de panneaux photovoltaïques assurent leurs obligations légales en matière de collecte et de recyclage.
« Quand on parle de « producteurs », on parle de la première entreprise qui met le produit sur le marché belge. C’est cette entreprise qui est considérée comme « producteur » et qui a, donc, la responsabilité du recyclage futur », précise Johan Goossens, Country Manager chez PV Cycle. En clair, il s’agit des fabricants, des vendeurs, des importateurs et installateurs, et des acteurs en ligne basés à l’étranger qui vendent des panneaux solaires photovoltaïques en Belgique.
Une « écotaxe » de 1,5 euro par panneau
Pour que les panneaux photovoltaïques puissent être collectés et recyclés convenablement, les producteurs de panneaux paient une contribution environnementale de 1,5 euro par panneau vendu. « Cette contribution environnementale sert, notamment, à couvrir les coûts opérationnels pour le bon fonctionnement du recyclage, et les coûts de la logistique puisqu’on doit collecter ces panneaux dans nos points de collecte », explique Johan Goossens.
En Belgique, il y a 97 points de collecte où les particuliers peuvent déposer leurs propres panneaux. Avec quelques conditions:: « Que les panneaux soient endommagés n’est pas une contrainte. On demande juste qu’ils restent entiers, qu’ils proviennent d’une installation belge et que leur nombre soit inférieur à 40 panneaux », insiste Johan Goossens.
Mais ce n’est pas tout. « Un particulier est censé pouvoir remettre ses anciens panneaux pour autant qu’il prenne rendez-vous », explique Albert Géron, directeur de LightElect, un grossiste en panneaux et partenaire de PV Cycle. LightElec met ainsi à disposition onze points de collecte dans toute la Wallonie. En province de Liège, il y en a une dizaine. Vous pouvez les consulter sur la carte ci-dessous et en cliquant ici.

Seraing, capitale du recyclage des panneaux wallons
Après cette première phase de collecte, le recyclage du panneau peut commencer. Il faut savoir qu’on recycle entre 85% et 90% d’un panneau photovoltaïque. Ceux-ci sont composés à 80% de verre. Le reste est de l’aluminium, des cellules de silicium et du cuivre.
En Wallonie, deux entreprises sont spécialisées dans le recyclage : Recma Groupe à Seraing et le Groupe Comet à Châtelet, dans la banlieue est de Charleroi. Ces deux entreprises se sont associées pour créer la société SolarCycle à Seraing en 2018. Ensemble, elles gèrent le recyclage des panneaux photovoltaïques en Wallonie.
Pour avancer efficacement, les deux partenaires se répartissent les deux phases du processus de recyclage. « Recma gère la première phase à Seraing : ils enlèvent les cadres en aluminium, les câbles et le connecteur afin de les recycler. Le reste du panneau est envoyé à Comet, dans le Hainaut, qui s’occupe de la seconde phase du recyclage : séparation et broyage des différents matériaux, comme le plastique, les métaux et le verre », explique Johan Goossens.

La quantité de panneaux photovoltaïques collectée et traitée par PV Cycle a été multipliée par sept entre 2020 et 2025. © PV CYCLE Belgium
Sept fois plus de panneaux recyclés en 2025 qu’en 2020
Ces deux dernières années, le recyclage a littéralement explosé. PV Cycle annonce 90.000 panneaux collectés et traités en 2025. Une augmentation de 20% par rapport à 2024… année de tous les records. En effet, le nombre de panneaux recyclés a bondi de 126% en 2024 par rapport à 2023 ! Le grand boom du recyclage a bel et bien démarré : depuis 2020, la quantité de panneaux collectés et recyclés a été multipliée par sept !
Et cela risque bien de continuer durant les prochaines années vu l’importance du parc photovoltaïque vieillissant. C’est tout le défi pour l’ASBL : « La difficulté est de gérer ces flux qui ne sont pas constants et de savoir dans quelle mesure et à quel rythme l’augmentation aura lieu », conclut Johan Goossens.
Après avoir passé 20 à 30 ans à créer de l’énergie renouvelable, les panneaux photovoltaïques usagés peuvent donc avoir une seconde vie. Il suffit, pour cela, de les déposer dans un point de collecte. Car l’énergie solaire ne peut être durable que si elle l’est du début à la fin de la chaîne de production.
Arthur Piret
Dans le cadre du projet LIMENet, soutenu par l’Union européenne, Today in Liège a établi un partenariat avec le Master en journalisme de l’ULiège. Cet article, rédigé par un.e étudiant.e, en fait partie.
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