Ce classement est issu des derniers chiffres communiqués par Immoweb. Dans sa méthodologie pour déterminer les prix hybrides au mètre carré, le portail immobilier de référence a estimé, en se basant sur ses données, la valeur combinée d’une maison et d’un appartement de référence dans chaque quartier.
Entre les Terrasses, quartier le plus cher de Liège (2 921 €/m²), et Souverain-Wandre, le plus abordable (1 494 €/m²), l’écart approche les 50 %, selon un classement d’Immoweb. En bas de tableau figurent notamment plusieurs quartiers de Wandre et de Chênée, ainsi que Bressoux.
Bruno Bianchet, chercheur au Centre de Recherche en Sciences de la Ville, du Grand Territoire et du Milieu rural (LEPUR) de l’ULiège rappelle d’abord que la ville dans laquelle on achète pèse plus sur le prix que la différence entre les quartiers d’une même ville. Mais, entre autres facteurs, la qualité et la typologie des biens pèsent dans la balance, l’offre n’étant pas uniforme d’un quartier à l’autre : certains types de biens, comme la maison de trois chambres avec petit jardin et garage, sont « particulièrement demandés. »
D’autres facteurs expliquent les prix plus bas dans certains quartiers.
Historiquement, « ce sont souvent des quartiers sociaux, avec de petites maisons ouvrières dont les habitants, aux revenus plus modestes, avaient moins de moyens pour entretenir le bâti », rappelle Jonathan Kaboré, notaire à Liège. À cela s’est ajouté l’impact des inondations de juillet 2021, notamment à Angleur : « Il y a eu énormément de ventes de biens insalubres non rénovés en 2022 et 2023. » À cela s’ajoute la crainte des acquéreurs de voir ces quartiers à nouveau touchés par les eaux. Cinq ans plus tard, « on est quand même tout doucement en train de sortir de cet aspect psychologique, même s’il est toujours présent », remarque le notaire liégeois.
Dès lors, comment redonner de l’attractivité à ces quartiers ? « L’amélioration du cadre de vie est déterminante », estime Bruno Bianchet. Cela passe par la rénovation des espaces publics, le développement d’îlots de verdure, la réduction du trafic automobile, mais aussi par la présence de services de proximité comme des crèches, des écoles ou des maisons médicales. L’urbaniste pointe également l’importance des aides à l’amélioration du logement et à l’isolation, même si ce dispositif se heurte aux réalités budgétaires : « Malheureusement, les aides régionales à la réhabilitation urbaine ont été revues à la baisse et les finances communales sont « dans le rouge » », regrette-t-il.
Sur le plan de l’aménagement urbain, l’apparition du tram a mis en valeur des quartiers comme Saint-Léonard et Sclessin, dont les abords ont été refaits. Jonathan Kaboré, qui souligne l’importance croissante de la mobilité auprès d’une « nouvelle génération prête à se passer de la voiture ». Bressoux, également desservi par le tram, devrait selon lui « tout doucement rattraper la moyenne au fur et à mesure des années ».
Les projets et investissements urbains comportent néanmoins certaines limites. C’est le cas des grandes opérations immobilières, dont l’impact varie fortement selon leurs caractéristiques. « Certaines peuvent dégrader le cadre de vie à la suite de la suppression d’espaces verts ou de la hausse de la pression automobile. D’autres, à contrario, peuvent l’améliorer significativement », explique Bruno Bianchet. Enfin, une hausse des prix « n’est pas forcément un processus vertueux », rappelle-t-il, puisqu’elle rend plus difficile l’accès au logement. Il met en garde contre « le risque réel que le logement devienne inabordable pour certains profils de ménages, surtout lorsque le logement public est déficient».
Précédent : Six night-shops qui devaient être fermés définitivement à cause d’activités illicites gagnent leur recours au Conseil d’Etat
► Une erreur à nous signaler ou une proposition d'article, contactez-nous.

