Différents groupes de jeunes se sont réunis hier peu après 7h devant différentes écoles de Liège (Maria Goretti , Athénée Chênée, Saint-Louis, Saint-Barthelemy, Liège Atlas, Saint-Jacques, Waha…). Quelques barricades ont été dressées devant ou à proximité d’écoles (DIC Collège, Marie Thérèse, Helmo Liège,…). Des groupes ont emprunté les quais, depuis Coronmeuse, vers le centre-ville. Ces rassemblements se sont déroulés dans le calme jusqu’à 9h, où la rue Hors-Château a été complètement bloquée par un rassemblement plus important.
Après que des dégradations ont été commises par des groupes dispersés en ville, nécessitant l’intervention de la police et des pompiers à plusieurs endroits, des jeunes ont continué durant l’après-midi à bloquer le centre-ville. « Ils ont allumé plusieurs incendies sur la voie publique, dégradé du mobilier urbain et lancé des projectiles en direction des policiers (pavés, mortiers, barrières, poteaux…). Plusieurs véhicules, dont des véhicules de police, ont aussi été endommagés », relate la police de Liège. « Nos équipes ont dû intervenir pour disperser la foule à plusieurs occasions en faisant usage de l’arroseuse et de lacrymogènes, notamment place de la République française, particulièrement touchée par les dégradations (abris de bus détruits, aubette de contrôle LETEC incendiée, etc.) »
Bilan: 22 policiers blessés légers suite à ces heurts, 23 arrestations administratives et 7 arrestations judiciaires. Au plus fort de la mobilisation, il s’agissait d’un bon millier de personnes, estime la police.
Ce mardi, comme hier, les écoles sont ouvertes. La situation est calme, mais les établissements scolaires se sont préparés à d’éventuels blocages. Les parents ont été invités à déposer leurs enfants le matin et, dans les écoles potentiellement exposées, ceux-ci ne pourront pas quitter leur établissement durant la pause de midi comme cela a été le cas les jours précédents.
Le parquet de Liège tient à souligner que la grande majorité des élèves concernés n’est impliquée dans aucun comportement répréhensible. Les poursuites visent exclusivement les personnes soupçonnées d’avoir participé à des infractions pénales. À la suite des incidents survenus ces derniers jours, plusieurs jeunes ont été déférés devant les autorités judiciaires. Depuis le 1er octobre : 33 arrestations administratives, 20 arrestations judiciaires, dont 17 mineurs , 12 déferrements au palais de Justice pour la zone de police de Liège et 1 déferrement pour la zone de police Hesbaye-Ouest.
Les enquêtes se poursuivent activement afin d’identifier l’ensemble des auteurs des violences, dégradations, incendies, jets de projectiles, entraves à la circulation et autres infractions commises à l’occasion de ces rassemblements. Les investigations ne concernent pas uniquement les auteurs présents sur les lieux. Elles visent également à identifier les personnes qui, notamment par l’intermédiaire des réseaux sociaux, de plateformes numériques ou d’applications de messagerie, auraient participé à l’organisation des rassemblements ayant donné lieu à des violences, encouragé la commission d’infractions ou incité d’autres personnes à adopter des comportements répréhensibles.
« Dans ce contexte, ce 6 octobre 2026, un jeune de 13 ans a été privé de liberté et déféré au palais de Justice après avoir diffusé sur les réseaux sociaux des appels invitant d’autres jeunes à se présenter munis des bidons d’essence afin d’incendier un établissement scolaire », relate le parquet. « Toute personne impliquée dans des faits de violence, de dégradations, d’incendies volontaires, d’atteintes aux personnes et de troubles graves à ‘l’ordre public s’expose à une réponse judiciaire ferme. Le parquet appliquera une politique de tolérance zéro à l’égard des infractions commises dans ce contexte. Tout fait dénoncé ou constaté fera l’objet d’un examen approfondi et d’une réponse pénale adaptée. »
Si le parquet entend apporter une réponse déterminée aux faits constatés, il rappelle également que les mineurs relèvent d’un régime juridique spécifique. La nature de la réponse apportée relève de l’appréciation souveraine du juge de la jeunesse, en fonction de la gravité des faits, du rôle joué par le mineur et de sa situation personnelle.
(Photo: aubette incendiée place de la République française – Real Norbex)
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