L’Hôtel d’Ansembourg, joyau du XVIIIe siècle niché au cœur historique de Liège, retrouve peu à peu son éclat. Les deux premières phases du chantier de rénovation sont aujourd’hui achevées, ont annoncé les autorités communales de la Ville de Liège, en présence de la ministre wallonne du Patrimoine Valérie Lescrenier.
La première phase, en cours d’achèvement et d’un coût de 2,84 millions d’euros (subsidiée à hauteur de 1,35 million d’euros), consistait à équiper le bâtiment en techniques modernes – chauffage, ventilation, électricité, sécurité incendie – et de créer une extension contemporaine sur l’ancien site dit de la vaissellerie. Cet ajout, doté d’un ascenseur et de nouveaux espaces d’accueil, est censé assurer l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite tout en préservant l’intégrité de l’hôtel historique: c’est en effet par là dans le futur que les visiteurs rentreront dans le bâtiment, ce qui évite la création d’un sas derrière l’actuelle grande porte qui fait office d’entrée.

Le second volet, consacré à la restauration de l’enveloppe extérieure, a redonné vie aux charpentes, maçonneries, ferronneries et menuiseries, pour un coût de 2,1 millions d’euros, subsidié à 79% par la Wallonie et la Province de Liège.
Reste désormais la troisième phase, portant sur la restauration intérieure, et qui comprend donc tout ce qui a trait à la scénographie et à la muséographie. « Nous aimerions recréer l’ambiance du 18e siècle, en évitant un musée figé. Ce serait une immersion dans les arts décoratifs de l’époque, avec une visite plus orale où l’on embarquera le visiteur dans trois atmosphères. On ne veut pas forcément perdre du temps à lire des écriteaux. Le visiteur sera embarqué dans une histoire qui lui sera contée », a fait savoir l’échevine en charge de la Culture Elisabeth Fraipont. Parmi les défis, la restauration du plafond du salon Willems, orné d’une œuvre de Jean-Baptiste Coclers, mobilise une attention particulière.


Classé monument depuis 1941 et reconnu patrimoine exceptionnel en 1993, l’Hôtel d’Ansembourg, dont la restauration a été amorcée en 2024, s’inscrit dans la richesse patrimoniale d’une ville qui concentre à elle seule plus de 11 % des biens classés de Wallonie, a tenu à rappeler le bourgmestre Willy Demeyer: « C’est une réalité que l’on ne peut pas nier », a-t-il notamment lancé à l’adresse de la ministre, qui a expliqué « être bien consciente de tout le potentiel du patrimoine liégeois », avant d’ajouter que l’enveloppe dont elle disposait restait limitée et qu’il était important d’identifier de nouvelles sources de financement. « En regard du contexte budgétaire, il va falloir prioriser, par exemple en s’attelant aux diverses et dernières phases de certains chantiers en cours », a-t-elle conclu.
Construit entre 1738 et 1741 pour le banquier Michel Willems par l’architecte allemand Johann Joseph Couven, cet hôtel particulier est l’un des plus beaux témoins de l’architecture bourgeoise liégeoise. Devenu musée des Arts décoratifs dès 1905, il fait aujourd’hui partie intégrante du Grand Curtius, où il incarne le pôle dédié au XVIIIe siècle.
L.C.
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