Le projet de construction d’une mosquée et d’un immeuble à Bressoux, rue de Porto, n’a pas reçu l’avis préalable demandé, les autorités communales estimant qu’il devait être revu en profondeur. La demande concernait un certificat d’urbanisme, c’est-à-dire une évaluation des obstacles éventuels avant l’introduction d’un permis.
Selon le Collège échevinal de Liège, la densité des constructions prévue au cœur de l’îlot est jugée excessive. Le maintien d’une grande partie du hangar existant et l’aménagement d’un parking souterrain augmenteraient trop l’imperméabilisation du terrain. Les autorités considèrent aussi que l’effort de végétalisation est insuffisant et demandent la plantation d’une dizaine d’arbres supplémentaires pour respecter les objectifs environnementaux locaux.
Par ailleurs, même si un équipement cultuel est compatible avec la zone, la présence de plusieurs mosquées à proximité soulève des inquiétudes en matière de circulation et de cohabitation. Une enquête publique a d’ailleurs révélé une opposition d’une partie des riverains, matérialisée par une pétition.
La communauté Ahmadiyya, porteuse du projet, défendait pourtant un lieu polyvalent destiné aussi à des activités sociales et citoyennes. Elle affirmait vouloir réduire la saturation des lieux de prière existants plutôt qu’attirer davantage de fidèles. L’immeuble résidentiel prévu dans le même ensemble a subi le même refus.
Face à cette décision, l’association peut contester auprès de la Région, adapter son dossier, quand même faire une demande de permis en l’état, ou relancer une nouvelle procédure. Ni la Vile, ni les demandeurs n’ont souhaité s’exprimer publiquement après la décision.
La communauté Ahmadiyya est un courant réformiste de l’islam né en Inde à la fin du XIXᵉ siècle autour de Mirza Ghulam Ahmad. Elle met l’accent sur une lecture spirituelle et pacifique de la religion, le dialogue interreligieux et l’engagement social. Son principal problème est qu’elle n’est pas reconnue comme musulmane par une grande partie de l’orthodoxie sunnite et chiite. Dans plusieurs pays, cette non-reconnaissance entraîne discriminations légales, restrictions religieuses et parfois violences. Malgré cela, elle est présente dans de nombreux pays et très active dans des actions humanitaires et éducatives.
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