A l’issue de l’édition 2026 du Micro Festival qui s’est tenue du 7 au 9 août dans le quartier Saint-Léonard, nous avons fait le point sur la notion de bien-être et de lutte contre le harcèlement sur les lieux de fête en Cité Ardente.

Pendant longtemps, un festival ou une soirée réussie se mesurait à sa programmation, son ambiance, ses bars ou ses scènes. Aujourd’hui, d’autres critères entrent en jeu : la sécurité, l’inclusivité et le respect.
La notion de « safe place » n’est pas seulement liée à un lieu physique. C’est une philosophie : prévenir plutôt que guérir, créer un climat où les comportements déplacés ne sont pas tolérés et où une personne en difficulté sait immédiatement vers qui se tourner. À Liège, cette réflexion traverse autant les grands événements comme Les Ardentes que des structures plus indépendantes comme KulturA. ou le Micro Festival, dont l’ADN repose depuis longtemps sur la proximité et le respect. L’objectif commun de ces actions : encourager la notion de geste collectif et s’inscrire dans un effort plus global, à l’image du label « Safe Place » créé en 2026 pour identifier les magasins et les cafés du centre-ville capables d’offrir, grâce à un personnel formé, un cadré sécurisant pour les personnes victimes d’agressions.

Les Ardentes : la « safe place » à l’échelle XXL

Avec plusieurs dizaines de milliers de festivaliers par jour, Les Ardentes incarnent le défi des grands festivals : préserver une ambiance de fête quand l’évènement rassemble pas moins de 270.000 personnes sur l’ensemble de l’évènement. Le festival qui vient de fêter ses 20 ans s’inscrit dans une logique de prévention avec des dispositifs comme la Safe Zone Synka, présente aux côtés d’acteurs spécialisés. Créé à l’initiative des organisateurs du festival en collaboration avec divers acteurs locaux de santé et de prévention, ce dispositif bénéficie du soutien de structures comme le Plan de Prévention de la Ville de Liège, Liège Jeunesse, le CPVS (Centre de Prise en charge des Violences Sexuelles) et l’ASBL Univers Santé. Installé au cœur de cette zone, le stand de la campagne Liège Province Festive sensibilise en outre les festivaliers aux questions de consentement, de violences sexuelles, de consommation responsable, de risques auditifs et de retour en sécurité. Lors de l’édition 2026 du festival, la campagne a touché près de 6 000 festivaliers.

Micro Festival : la conscientisation à taille humaine

Depuis sa création, le Micro Festival revendique des valeurs de convivialité, de découverte, de durabilité et de respect d’autrui, avec une position claire contre les comportements violents et les discriminations. Fidèle à ses valeurs – jauge à taille humaine, public fidèle, proximité entre artistes -, ce rendez-vous a pris, lui aussi, le train de la lutte contre les violences et la discrimination. Comme l’explique Yannick Gregoire, l’un des cofondateurs du Micro Festival, « la base de cette réflexion réside dans l’acceptation d’une réalité : ce qu’on estime évident – le respect des libertés et des envies de chacun – ne l’est pas pour tout le monde. D’où l’intérêt pour un festival comme le nôtre de se pencher sur ces questions en nous appuyant, notamment, sur le travail réalisé par d’autres structures. Notre action s’est concentrée sur la création de messages forts – mais ludiques – affichés dans les différents lieux du festival. Dans un second temps, nous avons travaillé sur la création d’une Safe Zone, ainsi que d’une série de dispositifs en collaboration avec des acteurs locaux », précise-t-il. Comme le souligne encore Yannick Gregoire, les actions menées par le Micro Festival – dont la sensibilisation et la formation des équipes et des bénévoles impliqués dans l’organisation de l’évènement – semblent, selon les retours des festivaliers, porter leurs fruits.

De discrètes Lucioles

Dimanche 9 août, 20 heures 15 : sous l’une des tentes accueillant les festivaliers entre deux concerts, Dana et Lana veillent en toute discrétion sur le bien-être des festivaliers. Reconnaissables à leur gilet blanc à logo, ces deux membres de la Team Lucioles (10 bénévoles au total) sont là pour faire le lien entre les festivaliers et les structures d’accueil fixes. Leur rôle : identifier des comportements anormaux, prévenir les situations à risques et, lorsque la situation l’exige, orienter les festivaliers vulnérables vers les équipes de secours. Lors de cette édition, les deux jeunes femmes n’ont pas dû faire face à de réels cas d’agression. Il faut dire que sur le site du festival, le travail de prévention des organisateurs est très visible. Comme nous l’a expliqué Yannick Gregoire, « notre meilleure arme, c’est l’humour. » En témoignent les messages inscrits sur les dizaines de pancartes disséminées aux abords de chaque scène. « My Dress is not a Yes » ou encore « Non, c’est non », autant d’invitations au respect qu’il est difficile d’ignorer, même avec un verre dans le nez.

 

Un travail conjoint et en constante évolution

Croisée sur la Safe Zone du Micro Festival, Valérie Misson, Première Attachée au Département de la Santé et des affaires sociales de la Province de Liège, rappelle que l’action de la Province est étroitement liée à celles des autres structures, dont la ville de Liège, très impliquée elle aussi dans ce programme de prévention des risques : « à l’issue du Micro Festival, nous retenons l’importance de maintenir une présence de prévention au cœur des événements festifs. Nous avons accueilli environ 500 personnes par jour sur notre stand », confirme-t-elle.

« En marge des questions relatives aux produits psychoactifs et aux nouvelles substances, les questions liées au consentement, au respect des limites de chacun et aux violences sexistes et sexuelles font également partie des échanges. Nous avons le sentiment que ces sujets sont aujourd’hui davantage abordés qu’il y a quelques années. Le mouvement #MeToo a notamment contribué à les rendre plus visibles et à faire évoluer les mentalités. Certaines personnes viennent désormais plus facilement poser des questions ou demander conseil lorsqu’elles sont confrontées à une situation qui les interpelle, pour elles-mêmes ou pour un proche. La thématique des violences sexistes et sexuelles a été intégrée à notre campagne de réduction des risques, notamment à travers la campagne « Non, c’est non » de Liège Province Festive. Celle-ci met l’accent sur le consentement, le respect des limites de chacun, mais aussi sur la possibilité de demander de l’aide et sur le rôle que chacun peut jouer comme témoin actif », conclut-elle.

Marie Honnay


Suivant : A partir d’aujourd’hui, le Shopping Belle-Île ouvre une demi-heure plus tôt
Précédent : Météo: temps nuageux avec possiblement l’une ou l’autre ondée localisée

► Une erreur ou une proposition d'article, contactez-nous.