La venue de Georges-Louis Bouchez (le très médiatique président du MR) à l’Université de Liège, hier soir, à l’occasion des 20 ans du centre Jean Gol, a tourné à l’épreuve de force. Anticipant des tensions, la rectrice avait demandé l’évacuation des locaux dès 15h, tandis qu’un important dispositif policier était déployé. Environ 400 manifestants, issus notamment du Front Antifasciste et du collectif Université en colère, ont pris place devant le bâtiment de la place du XX-Août. Cris hostiles, slogans antifascistes et pro-palestiniens ont rythmé la soirée, accompagnés de jets de pommes et de pétards contre les invités. « Nous refusons que l’Université soit une vitrine pour un parti qui penche de plus en plus vers l’extrême droite et soutient les crimes de guerre à Gaza », soulignait le Front AntiFasciste Liège.

Des personnalités libérales comme Louis Michel ou Christine Defraigne ont été bousculées, certaines devant trouver refuge au Théâtre de Liège. L’accès du président du MR a dû se faire par une entrée discrète, à l’arrière, en hauteur, sous escorte policière. Malgré l’agitation, la cérémonie s’est tenue et G-L Bouchez a prononcé le discours de clôture.

La tension a néanmoins dégénéré : altercations, coups et dégradations ont été constatés, obligeant la police fédérale à intervenir avec des renforts et une autopompe (arroseuse à eau). Six policiers ont été blessés légèrement. La dernière centaine de manifestants s’est dispersée vers 22h, laissant place aux équipes de nettoyage de la Ville.

À l’issue de la soirée, Georges-Louis Bouchez a dénoncé des « violences inacceptables » et accusé la gauche de fermer les yeux sur ces débordements. Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin a fustigé une « insulte à la démocratie » et promis une réponse judiciaire ferme. Une enquête est ouverte, appuyée par l’analyse des caméras de surveillance, pour identifier les auteurs des violences. « Des voies de faits, coups et dégradations ont été constatés », précise la police de Liège.

Un peu plus tôt dans la journée, la tombe de Jean Gol, ancien vice-Premier ministre et figure historique du PRL, avait été profanée, jour anniversaire de sa mort. L’acte a suscité une vague d’indignation politique et institutionnelle. Le roi a personnellement contacté la fille du défunt pour lui exprimer son soutien et condamner un geste qu’il a qualifié d’« inacceptable », dénonçant l’antisémitisme et la haine. C’est la fille de Jean Gol qui a découvert la sépulture maculée d’inscriptions rouges dans la matinée. La Ville dépose plainte; il y aura évidemment une enquête. Les services communaux ont rapidement effacé les inscriptions.


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