Le réalisateur d’origine neupréenne Julien Cescotto vit un joli succès avec son dernier film Éloge du capitalisme sauvage. Ce court-métrage grinçant, sorte de satire sociale de notre monde de 17 minutes, multiplie les sélections dans les festivals européens.
Récompensé en novembre dernier du prix principal au Monsters Fantastic Film Festival de Taranto, en Italie, le film poursuit sa route à travers l’Europe. Il a été projeté en juin à Paris lors du festival Cinéma Interdit, puis au But Film Festival de Breda (Pays-Bas) et au Fifigrot de Toulouse en septembre. Les prochaines étapes mèneront le réalisateur à Bruges (Razor Reel Flanders Film Festival), Namur (Retro Film Festival) et jusqu’à Helsinki pour le Night Visions Film Festival.
Produit en 2024 par Okayss Production, société de production liégeoise, le film raconte l’histoire de Toto, un enfant capricieux et dévorant, affublé d’un masque inquiétant inspiré du Momo’s challenge et du visage d’Aldo Valletti, acteur du film Salò de Pasolini. « J’ai entendu des rires jaunes et francs à Paris, ce qui est plutôt bon signe », sourit le cinéaste, ravi de l’accueil réservé à son œuvre.
Le réalisateur, qui vit désormais à Liège, a su s’entourer d’une véritable équipe de professionnels pour parvenir à boucler son projet. Dont Gary Moonboots qui s’est chargé des musiques, ce qui lui a permis d’éviter de débourser des milliers d’euros pour les droits d’auteur. Le compositeur n’est pas un inconnu, c’est lui qui est à l’origine de la bande son de « Megalomaniac » (2022), du réalisateur et producteur liégeois Karim Ouelhaj (Okayss Production).
Le court a été tourné à Seraing dans une maison à l’allure ancienne, qui se prête bien au film. Quant aux acteurs, on retrouve Hélène Moor, dans le rôle de la mère de Toto, qui a également joué dans « Megalomaniac ». Claudio Dos Santos, le papa de Toto, est un acteur que l’on retrouve dans « Le repas du singe » (Okayss Production, 2013). Enfin, Toto est joué par Marie Lenners, la fille de Rudy Lenners, batteur du groupe de hard rock des « Scorpions ». « J’ai beaucoup insisté auprès de la production pour qu’elle interprète ce rôle car c’est quelqu’un qui a réalisé du double de voix dans des dessins animés, je me suis dit que ce serait intéressant qu’elle prête sa voix à ce personnage ignoble », termine Julien Cescotto.
Autodidacte, passionné de montage et d’images depuis plus de dix ans, le Liégeois s’est forgé une signature singulière : filmer les travers de la société de manière décalée. Ses précédents projets, auto-produits et visibles sur sa chaîne YouTube « Salvador Alien Day », avaient été réalisés avec peu de moyens.
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