Il y a quelques semaines, l’annonce avait créé un certain émoi dans le quartier. Le centre d’accueil de demandeurs d’asile situé dans l’ancien hôpital Saint-Joseph va rester encore un certain temps.
Présenté comme « temporaire » à son ouverture en 2021, prolongé à plusieurs reprises, le centre poursuivra son activité dans le quartier pour encore au moins trois années. C’est Fedasil qui a en repris la gestion à la société privée G4S le 1er janvier dernier.

« Je ne vous cache pas que la reprise du centre par Fedasil début janvier a créé pas mal de débats au sein du quartier »
, explique Caroline Esser, responsable iniatives et contacts pour Fedasil, des habitants s’interrogeant sur le devenir de l’ancien hôpital du CHC promis il y a plusieurs années déjà à la destruction et à la construction de nouveaux logements.

Il faut dire que les premiers coups de pioche se font attendre. Matexi, propriétaire du site, doit lancer un chantier à 50 millions d’euros qui fera de l’ancien hôpital un vaste îlot résidentiel comptant 180 appartements, 16 maisons unifamiliales, des espaces bureaux et commerciaux et un parking en sous-sol.

Mais du côté de l’entrepreneur, on préfère prendre son temps. Car c’est tout le quartier autour de l’ancien hôpital qui doit subir un profond lifting. L’ancien îlot Légia, désormais entièrement rasé et l’ancien parking du Bas-Rhieux où les travaux d’assainissement viennent de débuter, doivent accueillir à terme des logements privés pour l’un et sociaux pour l’autre. La voie rapide qui coupe le quartier Sainte-Marguerite en deux sera transformée, avec une ligne de busway. Enfin, le pied de la colline de Naimette sera renivelé et aménagé en un vaste parc. Un chantier complexe, long, qui associe la Ville de Liège, la Maison Liégeoise et l’Opérateur de transport wallon (OTW) et qui devrait s’achever en principe vers 2030.

« On s’est vu octroyé le permis il y a un an et demi. Mais il vaut mieux que notre chantier et celui, plus large, de rénovation du quartier avancent de concert », explique Philippe Rusak, business manager pour Matexi. Une approche pragmatique et commerciale pour Matexi, qui souligne qu’il est plus simple de vendre des appartements dans un quartier entièrement réhabilité où les espaces publics ont été améliorés.

C’est donc dans ce contexte que s’inscrit la prolongation de la présence de Fedasil à Saint-Joseph. Concrètement, le centre d’accueil pour demandeurs d’asile restera ouvert jusqu’à fin 2028, avec une possibilité de prolongation d’une année. « Une occupation à finalité sociale comme celle de Fedasil nous semble toujours mieux que de laisser des bâtiments vides, à l’abandon, sujets à dégradation », explique encore Philippe Rusak. Du reste, le promoteur n’entend pas rester les bras croisés : une partie de l’ancien hôpital, située à l’angle des rues de la Légia et Sainte-Marguerite va être détruite l’an prochain pour y bâtir un premier lot de 46 appartements.

482 demandeurs d’asile occupent aujourd’hui le site de Fedasil qui a organisé le mois dernier une rencontre avec les riverains pour répondre à leurs interrogations et présenter plusieurs initiatives (appel au bénévolat, école de devoirs, vestiboutique) afin d’ancrer encore un peu plus le centre et ses réfugiés dans la vie du quartier. Plusieurs ASBL, des écoles ainsi que l’antenne locale de l’ONE collaborent au quotidien avec le centre Fedasil de Saint-Joseph.


L’ex-parking.


Destruction de l’Ilot Légia.


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