La décision avait été prise par le gouvernement wallon il y a un an. L’annulation des extensions du tram vers Herstal et Seraing, pour faire des économies, avait fait grand bruit. Mardi, en commission Environnement du parlement wallon, la députée (PS) Christie Morreale est revenue sur le sujet en posant la question de savoir si les coûts sanitaires et environnementaux avaient été pris en compte dans la décision d’abandon desdites extensions. rappelant au passage que la pollution de l’air constitue aujourd’hui l’un des principaux risques environnementaux pour la santé publique, tant en Europe qu’en Wallonie. « En fonction des sources, 250.000 décès prématurés sont encore imputables chaque année en Europe à une exposition chronique à des concentrations trop élevées de particules fines (PM2.5). En Belgique, cette pollution causerait plusieurs milliers de morts prématurées chaque année (5.000 indique le Ministre, ndlr), aggravant les maladies cardiovasculaires, respiratoires et certains types de cancers », a-e-elle souligné. Ajoutant que, dans les villes, le transport est évidemment un des principaux responsables de cette situation. « A Herstal, Saint-Nicolas, Seraing et dans le reste de la métropole liégeoise, le tram devait aussi permettre de limiter les pollutions atmosphériques et ainsi améliorer la qualité de l’air. »
« La décision d’annulation de l’extension du tram de Liège n’a pas fait l’objet d’une analyse spécifique en matière de qualité de l’air. En effet, cela nécessiterait d’établir un grand nombre d’hypothèses particulièrement complexes et de modéliser ces données dans des modèles de dispersion des polluants. C’est un exercice que nous n’avons pas effectué. Nous n’avons d’ailleurs pas été amenés à discuter de cela », lui a répondu le ministre de la Santé et de l’Environnement, Yves Coppieters (Les Engagés), assurant que la décision d’abandonner les extensions du tram n’est pas un renoncement aux objectifs environnementaux du gouvernement.
Et de compléter: « Même si les extensions du tram auraient probablement amélioré la situation, la mise en place de solutions de transport public comme des bus à haut niveau de service va également améliorer la qualité de l’air, en particulier si ceux-ci ne sont pas thermiques. Il convient aussi de rappeler que le transport routier, bien qu’il soit la première source d’émissions d’oxydes d’azote, n’est pas le principal émetteur de particules fines PM 2,5. Ce rôle revient au chauffage résidentiel, ce qui appelle une approche plus globale de la qualité de l’air, intégrant les enjeux énergétiques et de rénovation. »
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