À peine votée, la nouvelle taxe sur les caisses automatiques décidée par la Ville de Liège suscite déjà une levée de boucliers. Après Comeos, c’est désormais l’Union des Classes Moyennes (UCM) et l’APLSIA (Association professionnelle francophone du libre-service indépendant en alimentation) qui dénoncent une mesure jugée « absurde » et « disproportionnée » pour les commerçants liégeois.
Adopté le 20 octobre dernier dans le cadre du budget 2026, le règlement instaure une taxe annuelle de 519 euros par caisse en libre-service. Portée par la majorité communale et défendue par l’échevine des Finances Carine Clotuche, cette initiative vise à protéger l’emploi local et à rétablir une équité fiscale entre les enseignes qui misent sur l’automatisation et celles qui emploient du personnel. La mesure devrait rapporter environ 77.000 euros par an aux finances communales.
Mais du côté des représentants des indépendants, la pilule ne passe pas. Surtout pour l’UCM, qui a publié un communiqué de presse, et qui dénonce une taxe qui frappe les commerçants là où ça fait mal, dans un contexte déjà marqué par la flambée des coûts de l’énergie, l’inflation et la pénurie de main-d’œuvre. Selon elle, cette décision pourrait freiner l’innovation et aggraver la désertification commerciale du centre-ville liégeois, où une cellule sur cinq reste vide.
L’UCM avance un calcul symbolique : un commerce doté de cinq caisses automatiques devrait vendre 2,5 tonnes de bananes supplémentaires par an pour compenser le coût de la taxe. Et pour les franchisés, souvent responsables financièrement de leur point de vente, la marge de manœuvre est quasi inexistante.
Les organisations patronales rappellent en outre que l’automatisation ne détruit pas l’emploi, elle le transforme : les caissiers se réorientent vers l’accueil et le conseil client, selon elles.
L’UCM compte désormais saisir le ministre wallon des Pouvoirs locaux afin de bloquer la taxe avant son entrée en vigueur et réclame une concertation urgente avec la Ville.
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