Le tracé des futurs Busway de la métropole liégeoise suscite certaines critiques. La ligne B1 qui permettra de relier Chênée à Ans (pas avant 2030) fera l’impasse sur le site de Liege Airport, au grand regret de la direction de l’aéroport et de la commune de Grâce-Hollogne. Dès l’été 2023, dans un avis concernant l’Étude d’Incidence sur l’Environnement (EIE), les deux entités avaient pourtant averti qu’il était « inconcevable » d’exclure le pôle aéroportuaire du futur parcours de ce bus à haut niveau de service, et plaidaient pour que le tracé passe par le site de l’aéroport. Sans succès.
« Globalement, la position de Liege Airport reste inchangée par rapport à ce qui a été écrit dans notre avis de 2023 », note Bernard Vonèche, en charge de ces thématiques à Liege Airport. « La ligne aurait dû, nous semble-t-il, passer par la gare d’Ans et rejoindre Liege Airport. Soit de manière continue, soit éventuellement aux heures de pointe, et ensuite s’arrêter à la gare d’Ans», explique-t-il, tout en déplorant que « l’absence de lien direct, cadencé et structurant, entre notre pôle économique et la gare de Liège-Guillemins est un frein à l’embauche pour bon nombre d’entreprises. »
Or, depuis 2023, l’Autorité Organisatrice du Transport de Wallonie (AOT) a requalifié le statut du site de Liege Airport, faisant passer celui-ci de simple « Mobipoint » à celui de « Mobipôle de taille M. » Sur le papier, cela signifie que l’aéroport est désormais reconnu comme un hub de mobilité destiné à connecter plusieurs modes de transport (bus, vélos, voitures partagées). Mais visiblement, cela n’a pas suffi à convaincre les décideurs d’y faire passer le Busway.
Du côté de l’opérateur de transport public, on joue la carte de la responsabilité financière et de la logique de réseau pour justifier ce choix. « Dans le cas d’une extension de la B1 vers Liege Airport, l’allongement significatif du parcours aurait des conséquences importantes sur les coûts d’exploitation, la régularité, les temps de parcours et la lisibilité de la ligne », souligne Alizé Bona, à la communication du TEC. « Il s’agirait de mobiliser une offre très capacitaire sur un détour important, alors que les flux attendus doivent rester proportionnés au niveau de service déployé. » Autrement dit, pour le TEC ce choix ne traduit pas un désintérêt pour le pôle aéroportuaire, mais « une affectation responsable des moyens disponibles là où ils répondent le mieux aux besoins identifiés. »
L’opérateur public rappelle également que l’aéroport reste desservi par des lignes classiques (53, 57, 71, 83 et 85), dont la ligne 57 qui assure la liaison directe avec la gare des Guillemins. Une offre d’ailleurs « revue à la hausse » depuis le déploiement du nouveau réseau liégeois tram/bus en avril 2025. «L’enjeu, pour le TEC, n’est donc pas de savoir s’il faut desservir ce pôle, mais de déterminer quelle forme d’offre est la plus pertinente au regard des besoins réels, des horaires de travail, des flux observés et de la cohérence globale du réseau », rappelle la responsable de la communication du TEC.
Cependant, tout n’est pas perdu pour Liege Airport. Car si le TEC ne compte pas dévier sa ligne B1, il se retrouvera de toute façon contraint de sortir une autre solution de ses cartons. « Réjouissons-nous toutefois que l’OTW (ndlr : l’Opérateur de Transport de Wallonie, de son nom commercial le TEC) co-réalise avec Liege Airport le Mobipôle, dont les quais sont prévus pour accueillir des bus articulés, et que de nouvelles solutions doivent être développées par l’OTW pour desservir les ZAE », ajoute Bernard Vonèche, faisant référence à l’article 19 du contrat de service public de l’OTW, qui oblige légalement le TEC à améliorer l’accessibilité des pôles d’attractivité, dont les parcs d’activité économique. Ce que confirme Alizé Bona : « Un modèle spécifique de partenariat avec les parcs d’activité économique est en cours d’élaboration et le TEC ne manquera pas de contacter Liege Airport à ce sujet ».
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