Lundi dernier, la société immobilière Matexi avait obtenu une audience devant le juge de paix pour réclamer un avis d’expulsion dans le cadre de l’occupation du site de la Chartreuse où elle souhaite construire une petite cinquantaine de logements. Des défenseurs de la nature et certains riverains s’opposent au projet à un emplacement qu’ils décrivent comme l’un des derniers poumons verts de la ville. Le site, actuellement barricadé et occupé en permanence, est devenu une zone à défendre (ZAD).

A la justice de paix, Matexi réclamait un avis d’expulsion des jeunes qui campent sur le site et, le jour même, sans attendre en réalité la décision officiellement prononcée hier, avait annoncé que le juge lui avait donné raison…tant elle était certaine d’avoir gain de cause sur le fond. Or le juge de paix du premier canton n’est finalement pas allé dans ce sens puisqu’il a au bout du compte déclaré la requête irrecevable.

Le jugement souligne que (même si un huissier de justice s’est rendu sur le site pour constater que l’endroit était occupé par des personnes peu enclines à donner leur identité) rien n’a été fait pour connaître l’identité des occupants et que l’entreprise ne s’est pas trouvée dans “l’absolue nécessité de recourir à une procédure unilatérale” contre des personnes anonymes. Il aurait fallu demander à la police de procéder au relevé des identités sur place et même, à la base, déposer une plainte officielle à la police… ce que Matexi n’a pas fait.

La décision, qui relève plutôt de la procédure, réjouit néanmoins tant le collectif d’habitants « Un Air de Chartreuse » que les occupants du site. “Elle nous conforte dans notre détermination à défendre et à protéger l’intégralité du site de la Chartreuse. (…) Comme l’a rappelé Pierre Wacquier, au nom du collectif Un Air de Chartreuse: le site de la Chartreuse remplit un rôle écologique, historique et social irremplaçable à Liège. C’est pourquoi nous continuons et continuerons inlassablement à réclamer des autorités locales qu’elles ouvrent rapidement une large négociation avec toutes les parties concernées dans ce dossier afin de trouver une solution alternative aux projets de construction sur ce site“, communique le collectif.

Matexi peut faire appel du jugement. Le bourgmestre a par ailleurs rappelé qu’il s’engageait à ne pas envoyer les forces de l’ordre expulser les occupants du terrain pour autant qu’aucun trouble sérieux à l’ordre public ne soit constaté. Il attend par ailleurs que les collectifs militants lui proposent des interlocuteurs “non contestés” pour discuter de la situation.

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