Une vaste enquête menée en région liégeoise vise un possible réseau d’exploitation de travailleurs actifs dans le nettoyage d’hôtels haut de gamme. Les autorités soupçonnent qu’un sous-traitant aurait engagé principalement des femmes en situation très fragile, parfois sans titre de séjour, pour effectuer des tâches pénibles contre des salaires extrêmement faibles. Certaines employées auraient reçu moins d’un euro par heure de travail.
Les enquêteurs évoquent également des pressions psychologiques et des menaces destinées à empêcher les victimes de dénoncer leurs conditions de travail. Mardi matin, l’importante opération policière a été organisée dans plusieurs villes, notamment à Liège, Spa, Verviers et Fourons. Plus de cent trente policiers fédéraux et plusieurs dizaines d’inspecteurs sociaux de l’Office National de Sécurité Sociale ont participé aux perquisitions.
Plusieurs hôtels liés au groupe Van der Valk, dont le Liège Congrès figurent parmi les lieux visités. Cinq personnes ont été arrêtées pour être interrogées. L’enquête concerne à la fois des faits présumés de traite d’êtres humains et de fraude sociale. Les autorités estiment qu’une trentaine de victimes potentielles auraient déjà été identifiées.
Le dossier a débuté après un contrôle réalisé fin 2024 par l’ONSS dans un établissement hôtelier, relève la RTBF. Les inspecteurs avaient alors signalé des infractions possibles portant atteinte aux droits fondamentaux des travailleurs. Une juge d’instruction a ensuite été chargée de poursuivre les investigations.
Les responsables des hôtels concernés affirment collaborer pleinement avec la justice. Selon eux, les employés réguliers des établissements ne sont pas impliqués et seuls les travailleurs fournis par la société externe sont visés. « Les investigations portent sur un prestataire externe avec lequel nos établissements collaborent, parmi de nombreux autres fournisseurs de services. Et nous réaffirmons que nous n’avions pas connaissance des agissements actuellement reprochés à ce prestataire », indique la direction de Van der Valk, dans un communiqué. Elle assure aussi avoir suspendu sa collaboration avec ce prestataire pendant toute la durée de l’enquête. Certains hôtels insistent sur le fait qu’ils condamnent fermement toute forme d’exploitation humaine. Ils assurent également être prêts à soutenir les éventuelles victimes si les faits sont confirmés.
Les investigations continuent avec l’analyse des documents saisis et les auditions des suspects, qui risquent de fortes amendes voire des peines de prison. Les personnes concernées pourront bénéficier d’un accompagnement spécialisé pour les aider à se reconstruire et faire valoir leurs droits.
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