Avec le retour des beaux jours, le parc de la Boverie fait le plein. Promeneurs, familles et touristes se retrouvent sur les pelouses au bord de l’eau pour flâner ou pique-niquer. Or, pour tous ces usagers, trouver des toilettes sur place relève aujourd’hui du parcours du combattant. «Quand il n’y a pas d’événement, je ne vois pas où aller à part s’introduire quelque part », déplore Sarah, une jeune Liégeoise qui fréquente régulièrement les lieux.

Même son de cloche pour Glenn, un étudiant français, pour qui ce manque d’infrastructure nuit clairement à l’image du site : « On se retrouve limite obligés de se cacher derrière un arbre. Le but n’est pas de salir le parc, sans parler des odeurs nauséabondes. Il faut penser aux autres.» Faute de solution sur place, la seule alternative reste souvent de rebrousser chemin et de rentrer chez soi, car, dans les bars, « ils demandent souvent de consommer. » Plus loin, un promeneur n’hésite pas à qualifier la situation de « catastrophe », excédé de devoir systématiquement faire demi-tour.

Sur place, aucun sanitaire public permanent n’est directement accessible. Les seules toilettes disponibles se trouvent à l’intérieur du musée, et restent donc soumises aux heures d’ouverture de l’établissement. Une alternative insuffisante pour les visiteurs, surtout en cas de forte affluence. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, le parc de la Boverie, à l’instar d’autres quartiers de la ville, disposait d’une cabine Decaux à nettoyage automatique. Mais face à des dégradations à répétition, elles ont finalement toutes été retirées.

Au-delà du cas de la Boverie, les infrastructures publiques de la Cité ardente s’avèrent particulièrement minces. La Ville ne dispose que de cinq urinoirs permanents, dispersés entre la place de la Cathédrale, le Mont-Saint-Martin, la rue Sainte-Marguerite, la rue Sainte-Walburge et le boulevard d’Avroy. En 2024, elle avait tenté de solliciter le secteur privé en proposant aux établissements Horeca un subside annuel de 5.000 euros pour ouvrir gratuitement leurs toilettes au public. Mais l’initiative n’a pas rencontré le succès espéré puisque très peu de commerces ont répondu à l’appel.

Du côté de l’administration communale, on reconnaît que le problème n’est pas neuf. « C’est un dossier qui est évoqué depuis longtemps mais la situation financière nous oblige à faire des choix et pour l’instant ce n’est malheureusement pas dans les priorités », nous explique-t-on à la Ville de Liège. Si la question reste ouverte sur la table du collège et que « le bourgmestre en est conscient », construire de nouvelles installations permanentes est aujourd’hui impensable : « Des infrastructures en dur, ce n’est pas possible financièrement. Vous savez que la ville est occupée à remettre ses comptes à l’équilibre. »

D’autant plus que le ministre-président Adrien Dolimont a récemment annoncé que la Wallonie allait encore devoir réclamer des efforts financiers aux communes. « On n’y échappera pas non plus, donc il faut prioriser », souligne-t-on au cabinet du bourgmestre, tout en concédant que « pour l’instant, par rapport au parc de la Boverie, il n’y a pas de proposition pérenne qui soit sur la table ».

Même les solutions temporaires font les frais de cette cure d’austérité. Alors que des Cathy cabines étaient habituellement installées dans le parc durant la période estivale, la Ville confirme que ce ne sera pas le cas cette année pour, là encore, des questions budgétaires. Pour les événements privés organisés sur le site, à l’image des Épicuriales, les organisateurs prennent entièrement à leur charge l’installation de sanitaires temporaires.


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