Climat, pauvreté, mobilité, finances communales, propreté ou encore avenir des commerces : les défis qui attendent Liège ne manquent pas. Pour son troisième et dernier Apéro de la Rédaction, Today in Liège a réuni la semaine passée trois personnalités politiques autour d’une même question: de quoi parlerons-nous demain et quel rôle les journalistes locaux doivent-ils jouer pour anticiper ces débats ? Une rencontre qui a également permis aux citoyens de faire entendre leurs préoccupations.
A l’Auberge Simenon, trois sensibilités politiques s’étaient retrouvées autour de la table : Adrien Croonen (MR), conseiller communal de 21 ans et étudiant en soins infirmiers, Rafik Rassaa (PTB), également conseiller communal et professeur de mathématiques, et Quentin Le Bussy (Vert Ardent/Ecolo), ex-conseiller communal (il y a peu) et exploitant de plusieurs commerces à Liège.
La Ville n’est pas prête au climat d’aujourd’hui
Le changement climatique figure parmi les principales préoccupations des trois intervenants. Quentin Le Bussy, marqué par les inondations de 2021, appelle à adapter dès aujourd’hui la ville aux phénomènes météorologiques extrêmes. Rafik Rassaa insiste sur leurs conséquences sociales et sanitaires, tandis qu’Adrien Croonen évoque les défis pratiques de la transition énergétique et le développement de la végétalisation urbaine avec le Plan Canopée. « Des événements qu’on avait une fois tous les cent ans, on pourrait les avoir tous les dix ans », prévient Quentin Le Bussy.
Accès au logement et finances communales
Les inégalités sociales et l’accès au logement constituent un autre enjeu majeur. L’ex-élu Vert Ardent souligne les difficultés croissantes des jeunes générations, tandis que Rafik Rassaa critique une politique immobilière qu’il juge déconnectée des moyens de nombreux Liégeois et dénonce le manque de solutions durables pour les personnes sans-abri.
Les finances communales ont également occupé une place importante dans les échanges. Si le mandataire PTB dénonce les économies imposées par le plan Oxygène, Adrien Croonen en rappelle les contraintes budgétaires ; selon ce dernier, la situation actuelle ne laisse malheureusement pas la place à une autre solution. Quentin Le Bussy soulève, quant à lui, la question du financement des infrastructures liégeoises utilisées quotidiennement par les habitants des communes périphériques. Tous reconnaissent la nécessité d’une meilleure coopération supracommunale, sans s’accorder sur ses modalités.
Avec la propreté et les commerces, le public ramène le débat dans la rue
La mobilité, la sécurité (seulement évoquée, au départ, par Adrien Croonen) et la qualité de vie ont nourri les discussions. Entre trottinettes électriques, transports collectifs, aménagements cyclables et manque d’effectifs policiers, les intervenants ont défendu différentes priorités.
Le public a également interpellé les intervenants sur la propreté des rues, les dépôts clandestins, la multiplication des commerces vides et les difficultés des indépendants. En réponse, Adrien Croonen, le plus jeune élu, insiste sur la sensibilisation des nouvelles générations, tout en rappelant l’existence de deux agents « constatateurs » et de cinq caméras mobiles destinées à lutter contre les dépôts clandestins.
L’avenir du journalisme local
Enfin, l’avenir du journalisme local a constitué l’autre grand thème de la rencontre. Les trois invités ont souligné l’importance d’une presse indépendante, capable de lutter contre la désinformation, d’éclairer les décisions publiques et de raconter la vie des quartiers. Fabrice Terlonge, rédacteur en chef de Today in Liège, a réaffirmé son attachement à la gratuité de l’information, considérée comme un enjeu démocratique essentiel.
Au terme des échanges, une conviction se dégage : raconter Liège demain, ce sera moins annoncer les transformations de la ville qu’en expliquer les causes, les choix politiques, le financement et les conséquences concrètes pour ses habitants, dont l’engagement associatif constitue l’une des singularités de la Cité ardente.
N.B. : Pour rappel, Today in Liège a souhaité veiller à la parité parmi les personnalités politiques invitées. Cet objectif n’a toutefois pas pu être atteint, les élues sollicitées ayant soit décliné notre invitation, soit proposé de se faire représenter par un mandataire masculin.
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