Au diapason de la volonté du gouvernement wallon de réformer les provinces d’ici 2030, la Déclaration de politique provinciale liégeoise résultant des dernières élections contient une réforme « historique et ambitieuse » de cet échelon de pouvoir. La note d’orientation du gouvernement prévoit la suppression de l’institution provinciale et la reprise de la fiscalité provinciale par la Région, avec un objectif affiché de neutralité budgétaire pour les communes.
Mais de nombreuses questions se posent quant au financement des zones de secours, au transfert d’une kyrielle de compétences, à la perception des ex-centimes additionnels, au futur de l’enseignement provincial, au rôle du gouverneur (qui ne disparaîtra pas, ndlr), aux participations provinciales dans les intercommunales, mais aussi pour ce qui est des bâtiments, emprunts, archives,…
La réforme proposée par le gouvernement substituerait aux provinces cinq organismes publics supracommunaux, fonctionnant autour d’une assemblée des bourgmestres, avec une réflexion annoncée sur la proportionnalité en fonction du nombre d’habitants. Selon le ministre Desquesnes, « le niveau provincial résiduel, très limité, ne sera plus constitué d’élus directs, mais il sera cogéré par des élus communaux et perdra toute capacité fiscale ». La reprise des additionnels provinciaux se fera à l’échelle communale.
La note précise également que les communes seront consultées sur les missions et compétences qu’elles souhaitent voir maintenues ou renforcées (échéance le 1er mai), avant une analyse gouvernementale dans le courant de l’année 2026.
Cette consultation a été évoquée lundi au conseil communal. Le bourgmestre a indiqué que la ville de Liège souhaite qu’une attention particulière soit portée aux réalités locales en évitant un émiettement des compétences, entre celles revenant aux communes et celles centralisées à d’autres niveaux de pouvoir (comme la Fédération Wallonie-Bruxelles ou la région). La Ville souhaite conserver une logique de coordination d’un intérêt provincial à travers les aides aux communes, le développement économique et l’emploi. Mais aussi les plans d’urgence qui dépassent le niveau communal et la formation, l’école provinciale d’administration, l’école provinciale d’aide médicale urgente, l’école du feu, l’école de police. « Nous souhaitons également que la notion de bassin de vie puisse être approfondie sous ses différents aspects: lisibilité, rôle des intercommunales, financement, gouvernance. Cela, dans les matières suivantes : aménagement du territoire, mobilité, logement, l’enseignement, la santé et les soins (notamment en ce qui concerne le domaine hospitalier) et également du domaine de la supracommunalité notamment pour valoriser le maintien et le développement d’initiatives en matière de culture, de grands événements et de sport. »
« Il faut noter que la ville ne prétend reprendre en propre aucune des compétences exercées actuellement par la province« , a toutefois souligné Willy Demeyer. « En effet, vous connaissez notre situation budgétaire tendue. Il n’est donc pas envisageable de déclarer reprendre, dans les conditions actuelles des choses, une attribution provinciale quelle qu’elle soit. »
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