Selmi Wissal, post-doctorante au LEMA (Local Environment Management and Analysis), une unité de recherche en urbanisme et mobilité de l’université de Liège, a publié une étude pour évaluer le nombre d’arbres à Liège et leur bénéfice pour la ville. Le but était de réaliser un état des lieux de la couverture arborée, de montrer le potentiel de ces arbres avec des valeurs quantitatives et de faire connaître à nos décideurs le potentiel de leur territoire.

Au niveau des chiffres, Liège compte 769.000 arbres, dont environ 400.000 sont inclus dans le milieu urbain (12% érables sycomore, 6% platanes communs et 5% bouleaux verruqueux). La surface foliaire -la somme des surfaces de chacune des feuilles- de la centaine d’espèces rencontrées en tout représente 14.800 hectares, soit deux fois la superficie de la ville.

Le couvert arboré (public et privé) de la ville de Liège couvre 26 % de la surface totale de la ville. Le pourcentage correspond à la moyenne des villes américaines et françaises (comme Lyon ou Strasbourg). Les villes U.S. qui sont les pionnières dans ce genre d’étude, ne se sont pas arrêtées à ce pourcentage mais utilisent ces chiffres pour pouvoir pousser les politiques vers plus du végétal en ville (atteindre 30 à 40 % de surface arborée).

Liège a toutefois un potentiel plus élevé que celui de Strasbourg, la ville où Selmi Wissal a mené une étude comparable. “Car la présence de ces arbres permet de stocker 80 tonnes de carbone par hectare, contre 58 t/ha pour la capitale du Grand-ESt de la France“, souligne Selmi Wissal. Par ailleurs, outre le fait qu’ils absorbent les polluants et interceptent les gaz nocifs pour la santé humaine, les arbres de la Cité ardente permettent de retenir 560.757 mètres cubes d’eau par an, ce qui représente l’équivalent du volume 149 piscines olympiques. Le fait de retenir l’eau atténue les risques d’inondation et améliore la qualité des sols et limite l’érosion.

Les chiffres ont pour objectif d’apporter des valeurs concrètes au discours tenu pour préserver la nature en ville. Il est nécessaire de protéger l’existant pour maintenir le potentiel actuel et planter des nouveaux arbres pour créer une dynamique, favoriser la stratification et la diversité de la formation végétale afin qu’elle puisse se protéger contre les risques et rendre plus de bénéfices diversifiés“, souligne la chercheuse. “Cette étude montre que les arbres peuvent être intégrés dans les stratégies d’adaptation au changement climatique mais il est aussi de notre devoir d’adapter la végétation arborée locale au climat futur.


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