Cela fait quasiment 9 mois que le tram est en service. Ce nouveau mode de transport structurant a permis une reconfiguration de l’espace public entre Sclessin et Coronmeuse et « d’augmenter la cartographie mentale de Liège » en incluant les deux pôles en développement que sont le Val-Benoît et Coronmeuse. La ville est, en somme, devenue plus grande grâce au tram. Parmi les critiques qui ont droit de cité, des améliorations sont encore attendues au niveau des cadences et surtout dans la réorganisation du réseau des bus toujours à la peine.

Mais la promesse « urbanistique » semble néanmoins réalisée. Des axes ont été modernisés, des espaces agréables recréés, des cheminements cyclo-pédestres concrétisés, des arbres replantés. Les quais de la rive gauche se sont remariés avec la Meuse et les quartiers concernés sont désormais mieux reliés entre eux et plus attractifs. « L’arrivée du Tram a permis de redessiner la ville et d’amplifier l’usage des modes doux avec une piétonisation accrue et un nouveau corridor vélo qui suit le tracé », savoure le bourgmestre Willy Demeyer. « Au niveau économique, le tram a suscité de nouvelles implantations résidentielles ou de services. La liaison avec la gare TGV est un plus pour de nombreux investisseurs. Enfin, il remplit une fonction sociale importante, transportant tous les jours des milliers d’étudiants, de travailleurs ou de visiteurs d’un bout à l’autre de la ville. »

A la fin de l’année, le TEC comptabilisait 8,5 millions de voyageurs, avec une moyenne de 50.000 passagers en semaine (la moitié le week-end). Des chiffres impressionnants qui devaient avoir valeur d’argument pour Jean-Christophe Culot, architecte urbaniste au bureau liégeois Baumans-Deffet: « Il faut continuer le maillage. Cela donne encore plus de sens à une seconde ligne, cette transurbaine qui relierait Chênée à Ans. Il existe un véritable potentiel de développement économique sur cet axe-là, qui dispose d’encore plus de foncier susceptible d’évoluer. » Cet observateur éclairé n’exclut d’ailleurs pas que cette transurbaine et son développement puisse contribuer au financement de nouvelles infrastructures tram, grâce aux plus-values qui seraient réalisées avec des terrains qui auront pris de la valeur. Reste à réaliser une étude urbanistique globale pour définir les priorités, aussi par rapport aux extensions vers Seraing et Herstal qui ont été abandonnes mais qui demeurent souhaitées par un certain nombre de citoyens.

Les photos de la ligne de tram et de ses abords donnent aujourd’hui un sentiment positif. « Je vois une forme de réappropriation presque ludique du transport public par les citoyens, dont une partie ne les prenaient pas fréquemment. Les aménagements publics, même si pas assez végétalisés pour certains, ont changé l’image du centre-ville de façon agréable et l’ont rendu plus convivial. La ville est devenue plus ‘marchable’ grâce à l’extension des piétonniers. On a réduit la surface utilisée par la voiture. A Droixhe, j’observe que la situation est bien réussie en termes d’intégration paysagère et de désenclavement du quartier. Dans l’élan, il est donc maintenant temps de s’attaquer aussi aux quartiers périphériques », estime Jean-Christophe Culot.

 


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