Mardi 21 avril à Liège, la scène promet d’être symbolique et amère à la fois. Entre 11h15 et 12h, la Rue Hors-Château deviendra le théâtre d’une nouvelle action inédite: des enseignants du secondaire, CV à la main, iront frapper aux portes des écoles voisines pour tenter de sauver leurs heures de cours. Le départ sera donné depuis l’Institut Marie-Thérèse.
À l’origine de cette initiative, la réforme portée par la ministre de l’Enseignement Valérie Glatigny, qui prévoit une augmentation de 10 % de la charge de travail dans le secondaire supérieur. Une mesure qui, selon les enseignants mobilisés, risque de provoquer une onde de choc dans tout le système éducatif de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les syndicats évoquent jusqu’à 1.300 équivalents temps plein menacés, auxquels s’ajouteraient près de 500 postes déjà perdus dans l’enseignement qualifiant en début d’année scolaire.
Pour beaucoup d’enseignants, temporaires comme nommés, jeunes ou expérimentés, la perspective est celle d’une diminution drastique de leur charge, voire d’une disparition complète de leur emploi. Les départs naturels ne suffiraient pas à absorber ces pertes, dénoncent-ils, parlant d’un véritable « bain de sang social ».
Au-delà des emplois, les enseignants redoutent l’impact sur les élèves. Classes plus chargées, professeurs épuisés, moral en berne : ils craignent une dégradation des conditions d’apprentissage. Avec cette opération CV, ils entendent rappeler que rien n’est encore voté et qu’ils refusent que l’école devienne la variable d’ajustement budgétaire du gouvernement.
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