La rectrice de l’Université de Liège, Anne-Sophie Nyssen, a annoncé mardi, lors de son discours de rentrée, que la salle académique ne serait plus disponible pour des événements politiques, parlant même de sacralisation de ce lieu historique, qui sera désormais réservé aux manifestations culturelles ou aux activités organisées par l’université elle-même.
Cette mesure intervient après les incidents violents survenus jeudi dernier lors d’une soirée d’hommage organisée par le centre Jean Gol. Près de 450 manifestants s’étaient rassemblés devant le bâtiment. Les invités, principalement des Libéraux, ont été accueillis par des jets de pommes pourries, de pétards, ainsi que par des slogans antifascistes et pro-palestiniens. Lors de cette action, douze policiers ont été blessés, dont cinq transportés aux urgences pour des contusions et une commotion.
A la suite de cet événement, la rectrice a rappelé que, depuis des décennies, l’ULiège louait ses salles à des organisations politiques ou culturelles « et que cela s’est toujours très bien passé », avant de relever que la polarisation empêche le dialogue et le débat. « Nous continuerons à louer d’autres salles, y compris pour des rencontres politiques, mais la salle académique doit rester un lieu respectueux et non-violent », a-t-elle insisté.
Anne-Sophie Nyssen a également pointé la responsabilité des organisateurs, qui avaient été prévenus par la police du risque accru de troubles, et à qui l’université avait proposé de déplacer ou reporter l’événement. Elle regrette aussi que la salle académique ait été présentée par le Mouvement Réformateur comme la « salle Jean Gol », ce qu’elle considère comme une provocation.
La décision a immédiatement suscité la réaction du président du MR, Georges-Louis Bouchez. Dans un message publié sur Facebook, il parle en effet d’un « renoncement d’une extrême gravité » et accuse la rectrice de « trahison des valeurs de l’université ». Selon lui, la bonne réponse aurait été « d’organiser encore plus de débats contradictoires ». Il assure par ailleurs n’avoir jamais demandé de sanctions contre des professeurs ayant pris part à la manifestation, mais bien « une clarification » sur le soutien éventuel de l’institution à ce mouvement.
« La rectrice n’aurait jamais tenu les mêmes propos si la violence était venue de l’extrême droite », affirme-t-il aussi, appelant l’ULiège à « protéger le débat démocratique » plutôt qu’à « chercher des excuses à la violence. Dans une démocratie libérale, un parti comme le MR et ses membres ont le droit d’aller partout à n’importe quel moment !
Venir nous expliquer que ce serait une provocation que de se rendre dans la salle académique d’une université relève d’une manipulation folle », estime-t-il encore.
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