Lionel Clermont, 38 ans, chercheur au Centre spatial de Liège depuis 13 ans, vient de franchir un cap décisif dans sa carrière. Ce Nandrinois spécialisé en optique et en physique spatiale a obtenu une « ERC Starting Grant », une bourse européenne prestigieuse de près de 2 millions d’euros, destinée à financer des projets de recherche décrits comme ambitieux et à fort potentiel.
Son projet, baptisé « nGHOST », vise à développer de nouvelles méthodes pour mieux comprendre et ce qu’on appelle la “lumière parasite”, un phénomène optique qui perturbe la qualité des images captées par les instruments spatiaux, donc les télescopes. Longtemps sous-estimé, ce problème est aujourd’hui considéré comme un enjeu majeur par les scientifiques, car il limite la précision des télescopes et caméras embarqués dans les missions d’exploration, alors que les instruments deviennent eux de plus en plus performants.
« Je travaille dessus depuis une dizaine d’années, à une époque où peu de gens s’y intéressaient. La lumière parasite peut causer des images erronées. Il existe des méthodes qui permettent de contrôler la sensibilité des instruments cela oblige les ingénieurs à réviser tous leurs calculs dans les cas où les appareils sont susceptibles d’être impactés par le phénomène, ce qui entraîne des coûts et des retards considérables », nous raconte-t-il.
Lauréat d’un prix en 2022 pour ses travaux sur l’imagerie ultrarapide (ToF), il a déjà contribué à des missions de l’ESA et de la NASA.
Avec « nGHOST », il ambitionne de créer de nouveaux outils expérimentaux et numériques capables de corriger systématiquement les défauts optiques, améliorant les performances des instruments « de deux à trois ordres de grandeur ». Cette bourse lui permettra de monter sa propre équipe et son laboratoire.
Passionné de lumière depuis l’enfance, Lionel Clermont voit dans ce financement une opportunité exceptionnelle : « C’est une chance unique d’explorer le sujet de manière ambitieuse et indépendante », se réjouit-il.
Le programme ERC soutient les chercheurs européens les plus prometteurs. Son financement peut atteindre 1,5 million d’euros, mais le scientifique liégeois a su justifier des coûts supplémentaires, ce qui lui a permis d’obtenir près de 2 millions d’euros. Un succès qui confirme aussi la place de l’Université de Liège parmi les acteurs de pointe en recherche spatiale.
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