Belfius a présenté son analyse des chiffres mentionnés dans les budgets des communes. Au niveau des intentions 2026 des communes wallonnes en matière de travaux de voirie et d’aménagement des espaces publics, ces chiffres montrent une chute impressionnante: on passe de 676,3 M€ en 2020 à l’équivalent de 360,3 M€ en euros constants en 2026. Soit une baisse de l’ordre de 46 % en tenant compte de l’augmentation des matériaux et des salaires. Cette chute des investissements budgétés inquiète la fédération wallonne des entrepreneurs de travaux de voirie (Mobiwall) qui appelle au rebond et souhaite que 2026 ne soit qu’un accident de parcours.
Selon ses données, la ville de Liège baisse ses moyens ( en euro constant ) de – 64.5 %.

Or, « toute rupture dans le rythme des entretiens engendre forcément des dégradations plus importantes et plus coûteuses dans les années à venir. On l’a vu par le passé, comme dans les années 80, les réductions, au départ ponctuelles, dans les budgets d’entretien des travaux de voirie ont été reproduites pendant tant d’années que ces économies sont à la base de l’état actuel des voiries régionales », prévient Mobiwall. Une crainte que partage l’échevin des Travaux liégeois, Roland Léonard: « Le cri d’alarme de la fédération est justifié! On tourne autour de 50% de moins, pour ce qui est des infrastructures routières et des bâtiments, par rapport à la moyenne des dernières années. Je crains une dégradation de notre patrimoine, qui entraînerait effectivement des coûts supplémentaires à cause du manque d’entretien. Tout démolir et tout reconstruire coûtera 15 fois plus cher. »

A cause de la réduction de subsides de la Région wallonne, qui ne reconduit pas son plan de politique intégrée de la Ville 2020-2024 (54 millions d’euros de perdus), le collège communal a pris la décision de centrer ses travaux sur ce qui est extrêmement important pour la sécurité des citoyens, à savoir l’entretien des chaussées. « A l’instar de la rue Jean d’Outremeuse, où l’on a abandonné le réaménagement prévu de façade à façade pour ne remplacer que les fondations et le tarmac, en plantant des arbres là où c’est possible », illustre l’échevin.

Pour les (difficiles) années à venir, la Ville compte sur le maintien des subsides triennaux, ses fonds propres et des charges d’urbanisme (prévues à 60% pour l’entretien de l’espace public et 40% pour la création de logements publics) pour entretenir ses 500 km de voiries. Mais le budget de trois millions d’€ pour 2026 reste insuffisant. Reste l’optimisation des synergies avec les impétrants (eau, gaz, électricité ou fibre optique) pour coordonner les différents chantiers et mutualiser les coûts lorsque différents travaux doivent être réalisés aux mêmes endroits.

Et dans tout ça, après que le secteur a embauché 25 % de personnel en plus ces dernières années, Mobiwall craint de devoir licencier des travailleurs, alors qu’elle évalue l’état de vétusté des voiries communales wallonnes à seulement 15%. Ce qui signifie que lesdites routes ont consommé environ 85 % de leur durée de vie ou de leur valeur.


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