Lors de la présentation du budget communal pour 2026, le bourgmestre Willy Demeyer (PS) a soulevé la problématique de la charge de centralité de Liège et demande un financement supplémentaire. Il s’agit des coûts supplémentaires qu’une commune supporte en fournissant des services (sociaux, culturels, sportifs, commerces, transports) à une population plus large que la sienne, incluant des habitants des communes environnantes qui ne contribuent pas directement à leur financement.
En faisant la différence entre ce que la Ville reçoit comme subsides ou fonds des pouvoirs supérieurs pour assurer cette centralité (113 millions d’€) et l’estimation des dépenses liées à cette même centralité (148 millions d’€), les autorités communales estiment que la charge est de 35 millions par an.

Pour le conseiller communal (Vert Ardent) Pierre Eyben, il n’y a effectivement pas de raison que les Liégeois.e.s (par ailleurs globalement plus pauvres que les habitants des communes de deuxième et troisième couronne) payent seuls pour des services rendus à toute l’agglomération. « Mais d’où vient le chiffre de 35 millions d’euros par an ? », questionne-t-il. Faute d’avoir obtenu copie de l’étude complète sur laquelle cela se fonde, il relève que Liège bénéficie de recettes majorées en provenance des pouvoirs supérieurs et, ainsi, 86% de plus par habitant du fonds des communes que la moyenne régionale, et 60% de plus pour les subsides. « Au total, cela représente 113 millions d’euros supplémentaires par an. C’est assez simple à établir. Les dépenses supplémentaires sont pour leur part évaluées à 148 millions d’euros par an, et c’est ce différentiel entre recettes et dépenses qui permet d’établir les 35 millions d’euros. »

Cependant, la façon dont sont estimées ces dépenses liées à la centralité pose question à ses yeux. « Ce qui a été fait consiste à comparer les dépenses par habitant de Liège avec la moyenne wallonne, et ce en matière de personnel, de fonctionnement, de transfert vers CPAS et police, ou encore vers la zone de secours. C’est un peu court. Si Liège dépense 39% de plus en personnel par habitant que la moyenne wallonne, quelle part de cette dépense est réellement due à des services rendus par son personnel aux usagers de la ville n’y habitant pas ? Ce n’est pas analysé. Idem pour les 41% supplémentaires pour le fonctionnement. Plus étonnant encore, il ressort que Liège dépense 4% de moins que la moyenne wallonne pour son CPAS alors qu’il est souvent expliqué qu’elle fait plus que les autres communes wallonnes (et singulièrement que celles de l’agglomération). Dans le même temps, Liège dépense 140% de plus que la moyenne wallonne pour sa police. Est-ce uniquement pour assumer des frais liés à sa position de cœur de l’agglomération ? Rien ne permet de l’affirmer. Il est dès lors un peu hasardeux de considérer que toutes ces dépenses au-dessus de la moyenne sont forcément liées à l’impact de la centralité. »

Pierre Eyben verrait donc une utilité à connaitre le pourcentage d’usagers de nos infrastructures culturelles ou sportives qui habitent hors de Liège. Idem pour nos établissements scolaires ou nos crèches. Avec une méthodologie plus rigoureuse et précise pour pouvoir poser des choix politiques éclairés.

Les autorités communales estiment que Liège perd 35 millions par an en raison de sa centralité et #demandent qu’ils soient financés


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