Hier soir, environ 500 personnes se sont rassemblées derrière l’hôtel de ville – comme dans plusieurs autres villes du pays- pour dire non aux visites domiciliaires. « Derrière ce texte, une réalité particulièrement inquiétante : des intrusions dans des domiciles privés dès 5h du matin pour arrêter des personnes privées de papiers. Ce vote ne doit pas avoir lieu! », résumait l’ASBL La Cible, qui était présente, tout comme Le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège.

Début octobre, la commission de l’Intérieur de la Chambre a approuvé le projet de loi. Les partis de la majorité, dont le MR et Les Engagés, ont soutenu le texte. Ladite loi permettrait aux policiers, avec l’autorisation d’un juge d’instruction; d’entrer dans un logement privé, éventuellement par la force, entre 5 h et 21 h, pour y arrêter une personne faisant l’objet d’une décision d’éloignement. Et cette possibilité d’intervenir vaut également dans le logement d’un tiers qui héberge cette personne. « Seules les personnes qui ont reçu un ordre de quitter le territoire et ont épuisé toutes les possibilités de recours, et qui représentent un danger pour l’ordre public ou la sécurité nationale seront susceptibles de faire l’objet d’une visite domiciliaire », veut-on rassurer chez les Engagés.

Le vote définitif à la Chambre est prévu ce jeudi 5 novembre. Mais plusieurs organisations, dont la Ligue des droits humains, Amnesty International, Myria et l’Ordre des barreaux francophones et germanophone, y voient une atteinte à l’inviolabilité du domicile et à la vie privée. D’autant que les critères d’application de cette nouvelle loi sont flous: la notion de danger pour l’ordre public pourrait, selon les opposants, être interprétée trop largement (malgré l’autorisation préalable d’un juge) et de nombreux recours sont dès lors à craindre.


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