Une convention doit encore être rédigée, puis signée. Les choses ne sont donc pas encore arrêtées. Mais la tactique que semblent adopter les autorités et les organisateurs du festival Les Ardentes a l’air rodée. D’abord lâcher l’info en laissant planer le doute, ensuite attendre que le feu des critiques se déchaîne puis se calme, et enfin entériner les choses une fois que l’idée s’est ancrée bon gré mal gré dans les esprits.

Ce fût le cas lors de l’annonce de l’implantation de ce gros événement musical d’été sur un terrain de Rocourt, en “échange” de la création d’un parc public dont le financement (organisateurs ou Ville?) n’a pas été clarifié. Et ce sera peut-être à nouveau la façon de procéder concernant cette nouvelle annonce.
Dans son budget 2020, la Ville compte en effet faire passer le subside direct octroyé aux Ardentes de 38.000€ à… 200.000€. Une somme multipliée par 5 alors que, en 2014, les autorités communales avaient décidé de la diminuer de 7.000€.

A l’époque dans l’opposition, l’actuelle cheffe de groupe du MR (qui fait maintenant partie de la majorité communale) Diana Nikolic s’était malgré tout interrogée sur ce subside un peu raboté représentant, avec les subsides indirects (occupation gratuite du site de Coronmeuse, mise à disposition de matériel, police, enlèvement des immondices..) près de 100.000 euros octroyés à une société privée: la SPRL Les Ardentes. D.Nikolic jugeait également les contreparties trop faibles.

Plus récemment, lors du conseil communal du mois de juillet, les partis d’opposition -excepté Défi- s’étaient tous opposés ou abstenus par rapport à l’octroi renouvelé de ces subsides pour l’édition 2019. Même si la plupart des conseillers concernés étaient favorables à ce que le festival perdure, c’était encore le fait que l’argent soit versé à une sprl (entreprise commerciale) et pas à une asbl qui posait le plus problème.

Subsides directs + indirects

L’événement est aujourd’hui subsidié par la ville de Liège à hauteur de 212.000€ (38.000 euros de subsides directs + 174.000 de subsides indirects). Peuvent être ajoutés à cela les 20.000€ pour la salle de concert permanente Reflektor qui vont à la même structure via une asbl (Festiv@LIège). Le loyer mensuel de 3500€ payé mensuellement à la Ville par Gaetan Servais et Fabrice Lamproye pour la location de cette salle de cette spectacle, que certains jugent trop peu élevé, est également vu comme une aide supplémentaire.

Du côté de la Ville, on justifie le montant relevé de 200.000 € par la volonté de garder le festival -racheté cette année à hauteur de 49% par un groupe Français, sur le territoire liégeois au sens strict. Il s’agit également d’aider les organisateurs à aménager leur nouveau site rocourtois. Si l’on additionne l’ensemble des subsides directs et indirects, qui sont susceptibles d’être également augmentés, on parle d’une une aide de plus ou moins 400.000 euros annuels à la seule sprl Les Ardentes. Cela représente un dixième du budget du festival qui, en 2017, était annoncé à 4 millions d’euros. Mais quand on aime…

Lire aussi: Le festival Les Ardentes veut se faire offrir un parc par la Ville pour rester à Liège


Suivant : Hier, le conseil d’administration d’Enodia était pour la première fois ouvert au public
Précédent : Liège Airport s’engage à planter 600.000 arbres à Madagascar pour compenser ses émissions de CO2

► Une erreur ou une proposition d'article, contactez-nous.

Share Button
×