Après le rapport intermédiaire de la commission d’enquête, la réplique de Publifin, le rapport final de cette même commission… le rapport d’audit commandé par le gouvernement wallon a été présenté avant-hier. Contenant 249 pages, il a été rédigé par un cabinet d’avocats en collaboration avec des professeurs d’université et s’intéresse à la gouvernance, à la stratégie et à la santé financière de l’intercommunale liégeoise. Globalement, il se montre nettement moins critique que les deux premiers.

Selon Le Soir, les auditeurs semblent unanimes sur la réussite économique du projet liégeois. Parfois avec quelques nuances. « Si l’objectif du groupe était de garder des centres de décision à Liège, de maintenir voire créer de l’emploi dans une structure rentable et pérenne, il est honnête de dire que cet objectif a été atteint pendant la période sous revue », résume le rapport.

Sur l’aspect financier, le rapport souligne la bonne santé de l’activité télécoms et énergétique. « Les performances des secteurs GRD(la distribution de gaz et d’électricité, NDLR) et VOO sont, dans l’ensemble, en ligne voire supérieurs à celles d’entreprises comparables ». Sur le volet énergie, le refrain était connu. Pour VOO, c’est plus surprenant, l’activité ayant souvent été pointée du doigt pour ses pertes colossales. Mais les experts réfutent. Ils parlent même d’un « faible niveau d’endettement historique ». A propos des dividendes versés aux communes, les experts soulignent leur stabilité. Et, toujours selon Le Soir, entre les lignes, ce serait la confirmation qu’une partie de ce dividende n’est en fait qu’une taxe voirie maquillée.

Les experts affirment aussi que « la valeur estimée du groupe est actuellement confortablement supérieure aux montants investis par les actionnaires. Il y a donc, au niveau global, une création de valeur pour les actionnaires ». Mais leur argumentaire est assez maigre. Ils se basent uniquement sur « plusieurs études réalisées à la demande du groupe Publifin par des acteurs de marché sérieux ».Des études qu’ils ont pu consulter, et dont ils reproduisent simplement les conclusions.

Une critique est cependant émise sur la traçabilité des dividendes versés par Publifin. Ce qui empêche l’actionnaire d’avoir une vision claire sur l’origine de l’argent qu’il reçoit. Il serait dès lors préférable d’isoler chaque activité dans une entité juridique distincte, pour rendre les résultats financiers de chaque activité lisibles, proposent les experts.

La stratégie du groupe, elle, est jugée “largement opportuniste. Lorsqu’il voit une opportunité industrielle, le groupe s’interroge sur la manière de réaliser la rentabilité de l’opération, par exemple en réduisant les coûts et en créant des synergies avec les filiales existantes ».

Par contre le potentiel non-respect du principe d’intérêt communal, censé guider les choix stratégiques d’une intercommunale, est aussi mis en évidence. Et aussi l’absence de plan stratégique pluriannuel: « Les conseils d’administration des différentes sociétés du groupe ne se réunissent pas pour discuter régulièrement de la stratégie prospective et de son état d’avancement comme il est d’usage dans les grandes sociétés ».


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