Les commerçants du centre-ville n’en peuvent plus et ils le font savoir. Confrontés quotidiennement au trafic et à la consommation de drogues dans l’espace public, ils dénoncent un climat d’insécurité croissant. Dans une pétition adressée aux autorités, ils réclament « des rues sûres et une ville paisible », pointant des agressions, incivilités et comportements violents qui détériorent l’image de la ville, font fuir certains habitants et visiteurs, et fragilisent l’activité économique locale.

Si les autorités reconnaissent l’ampleur du phénomène, elles peinent à contenir l’emprise grandissante des réseaux criminels. Les opérations policières ponctuelles offrent au mieux un répit temporaire. C’est pourquoi les signataires demandent des actions rapides et durables passant par le renforcement de la présence policière, la lutte accrue contre les trafiquants, mais aussi de la prévention et de l’accompagnement social.

Le sujet fera l’objet d’un débat ce lundi au conseil communal. Vert Ardent, par la voix de sa cheffe de groupe Caroline Saal, entend relayer les préoccupations des commerçants et proposer des pistes concrètes. Le parti plaide pour la mise en place de patrouilles policières aux heures de fermeture des magasins, afin de sécuriser commerçants et riverains. Il insiste aussi sur l’importance de transformer certains espaces urbains, comme la rue du Pont ou Neuvice, dont la configuration favorise aujourd’hui les trafics. Leur réaménagement permettrait non seulement de dissuader les dealers, mais aussi de redynamiser les quartiers en rendant les rez-de-chaussée commerciaux plus attractifs, encourageant ainsi une occupation créatrice de « contrôle social ».

« Je ne demande pas que vous frappiez un grand coup puis basta. Non, les effets des opérations-choc de ce type ont été démontrés : ça provoque une accalmie quelques jours puis le deal se réinstalle quand la police lève le camp. Je demande un travail durable aux côtés des habitants et des commerçants, en sécurité et en cohésion sociale.

Il faut renforcer la communication et la disponibilité de la Ville vis-à-vis des habitants et des commerçants du centre, dans la limite de ce qui peut être transmis. Toutes ces personnes peuvent être des partenaires, étant aux premières loges tous les jours, et elles ont besoin d’être entendues dans leurs préoccupations. Pas une fois, de manière symbolique, mais de manière régulière, étant donné que la problématique est durable. Sortons-les de la solitude qu’ils ressentent, cherchons des solutions qui permettent de rassurer. Par exemple, des patrouilles policières piétonnes aux heures de fermeture des magasins, quand les commerçants sont seuls, qu’ils doivent fermer voire sortir des liquidités.

En outre, la configuration des petites rues du centre, telle que la rue du Pont, permet la discrétion recherchée pour le deal. La réaménager pourrait avoir un effet dissuasif, voire faire d’une pierre deux coups : en la rendant plus belle, les rez-de-chaussée commerciaux seraient plus attractifs et leur occupation créerait une présence et un contrôle social rassurants pour le quartier », a ainsi écrit la conseillère.


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