EVS Broadcast Equipment, l’entreprise liégeoise leader mondial des technologies de production vidéo en direct (grands événements comme les JO, la Coupe du monde de foot, G1, etc) et des systèmes de ralentis télévisés, a notifié hier une grosse dizaine de licenciements dans son siège basé au Liège Science Park à Seraing. « Cela, à la surprise générale de tous les employés », nous explique une source interne.« Or EVS a annoncé, il y a 1 mois, un chiffre record. » De fait, en août la société cotée en bourse annonçait un chiffre d’affaires record de 107,2 millions d’euros au premier semestre 2026 (en hausse d’environ 70% par rapport à l’année précédente), tandis que le bénéfice net progressait de 24% pour atteindre 16,5 millions d’euros.
Alors, pourquoi ces licenciements ? « Nous les regrettons évidemment », nous assure Serge Van Herck, le CEO du groupe. « Mais notre courbe de croissance des coûts est actuellement plus élevée que celle de la croissance de nos revenus. Or, pour coller à notre vision et être mieux armés pour 2027, il nous faut aligner ces deux courbes. » Et d’évoquer la crise actuelle au Moyen-Orient, qui a stoppé les activités d’EVS depuis Dubaï où se réalisait un chiffre d’affaires d’une dizaine de millions d’euros, et aussi la perte de valeur du dollar par rapport à l’euro (les ventes réalisées en dollars rapportent moins une fois converties en euros dans les comptes de l’entreprise).
Selon nos informations, ce sont des software developers des équipes R&D qui vont perdre leur emploi. Une quinzaine, selon la syndicat CNE qui, selon plusieurs témoignages recueillis au sein de l’entreprise, craint que d’autres suppressions de postes puissent encore intervenir dans les prochaines semaines. « La direction pourrait tenter d’éviter la loi Renault par des licenciement perlés », indique le permanent syndical. L’entreprise compte 800 employés au niveau mondial, dont 446 en Belgique.
Au sein d’EVS, plusieurs sources au sein du personnel semblent voir que l’entreprise licencie à Liège… tout en consolidant par contre son recrutement de software developers s a Porto (au Portugal): « La moitié du salaire d’un Belge. Ils y ont engagé 20 personnes en plus à Porto, avec maintenant des développeurs de chaque solution. »
« On engage au Portugal, mais aussi ailleurs, au sein de la vingtaine de bureaux d’EVS dans le monde », répond Serge Van Herck, le CEO tout en assurant que des collaborateurs sont aussi sur le départ dans les autres pays où est présent le groupe.
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