La Ville de Liège n’assure plus un suivi attentif de son patrimoine arboré. Les arbres sont traités comme du vulgaire mobilier urbain.” Le constat des Gardien.ne.s des Communs Liège, un collectif pour la protection des arbres en milieu urbain, est rude. Il fait suite à l’annonce de l’abattage ou du déplacement de onze arbres qui, dans le cadre des travaux de la place des Carmes, seront remplacés par cinq amélanchiers en cépées, trois magnolias et un érable. “Les élus répondent: ‘ne vous en faites pas, on replantera’. Oui, mais quoi ? Une sorte de végétation de salon qui, comme sur l’esplanade des Guillemins, ne peut jouer le rôle d’un arbre adulte ? De pauvres arbustes malingres condamnés à ne jamais dépasser le stade du balai-brosse?“, interroge le collectif. Celui-ci s’inquiète de la disparition des arbres à Liège qu’il voit s’accélérant à un rythme alarmant: les cerisiers de la place Saint-Paul, les arbres à l’entrée Charlemagne du Parc d’Avroy, les platanes du quai Marcellis, la rangée de peupliers du parc de la Boverie,… Et de réclamer un débat démocratique sur la présence des arbres en ville, vus comme des biens communs.

Du côté de l’échevinat des Travaux, on indique que les onze arbres qui vont disparaître sont soit malades, soit situés à des emplacements gênants, soit trop proches les uns des autres. C’est ce que l’on nous confirme à Institut Provincial d’Enseignement Agronomique de La Reid. “En réalité, la ville de Liège est plutôt bien gérée en ce qui concerne ses arbres. Mais le problème c’est qu’elle a hérité d’une mauvaise gestion passée. A la Boverie, par exemple, on les avait déjà prévenus il y a 15 ans qu’il était temps d’abattre ces arbres dangereux et malades. En gestion forestière, on l’aurait fait depuis longtemps. Place des Carmes, ils sont jeunes et ont besoin de place pour développer correctement leur système racinaire. Et puis beaucoup de maladies émergentes touchent actuellement les arbres à cause de plantations venues de l’étranger“, explique Jean-Paul Merland, professeur pour les arboristes.

Du côté des agronomes, on relève que la transplantation de certains des arbres des Carmes dans la parc Nicolas Spiroux à Grivegnée n’est pas gagnée. L’opération peut être problématique pour des feuillus bien installés, dont les racines interagissent avec le sol là où il sont actuellement. “Et au bilan, les disparitions programmées ne sont pas top pour l’écosystème“, reconnaît J-P Merland. “Mais c’est ce qu’il faut par rapport aux nouvelles infrastructures dessinées, afin que les racines ne gênent pas non plus les impétrants. Le problème, c’est le béton. Et si l’on veut plus d’arbres en ville, c’est possible! Mais il faut mieux prévoir leur présence dans les cahiers des charges des projets d’aménagement urbains. Cela permettrait par ailleurs de régler certains problèmes d’inondations. Mais cela demanderait également aux citadins d’accepter davantage la présence de branches ou de feuilles mortes dans leur environnement.

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