Le projet, attractif, prévoit l’aménagement d’une salle d’escalade de bloc et de voies (la plus haute d’Europe), mais aussi d’un restaurant panoramique de maximum 40 couverts à vocation gastronomique, dans ce qu’on appelle usuellement la Basilique de Cointe (en réalité l’église du Sacré-Coeur). Le bâtiment est inoccupé depuis des années et son parking servait, jusqu’alors, de façon informelle, à certains riverains.

Fin 2024, la Région wallonne avait octroyé le permis d’urbanisme pour cette « Basilique Expérience ». Mais, depuis lors, rien ne bouge. Pourquoi ? Le groupe Gehlen, aux manettes, est suspendu depuis plusieurs mois à un recours au Conseil d’État introduit par un riverain… disposant d’une assurance protection juridique. Dans un premier avis, l’auditeur avait rejeté l’ensemble des points contestés, sauf celui lié au parking pour les futurs clients. En résumé, il estimait qu’ une déclaration d’intention n’était pas suffisante concernant la nécessité d’utiliser le parking de 90 places du monument Interallié, juste à côté. Pour l’auditeur du Conseil d’État, il fallait un accord formel. Alors, pour répondre à cette demande et débloquer le dossier, un bail de 30 ans a été voté début juillet par le conseil communal, grâce à un accord avec la Régie des bâtiments, pour permettre l’utilisation du parking en question et répondre ainsi aux besoins futurs du site.

Malheureusement, dans la foulée, deux riveraines ont déposé un recours en annulation auprès du ministre wallon F.Desquesnes par rapport à cette convention de parking… en arguant que Basilique Experience ne serait pas assez solide financièrement (un argument qui étonne compte tenu des partenaires costauds à la manœuvre). Et, fatalement, ce recours bloque à nouveau le projet!

Or, parmi les deux dépositaires du recours, il y a Aurore Desonnay, la présidente du comité de quartier de Cointe. On le sait, celle-ci est une opposante acharnée au projet, pour des raisons qui ont l’air très personnelles, et semble vouloir peser pour son abandon ou son pourrissement. « Il y a un conflit entre la position personnelle de Mme Desonnay et celle du comité de quartier qu’elle préside », souligne Olivier Hamal, conseiller communal et membre du bureau du comité de quartier. « Le comité se montre en réalité plus nuancé et est favorable à une réhabilitation positive de l’église, pour le quartier, à deux conditions: éviter l’afflux de véhicules… qu’une étude d’incidence a finalement montré non impactant; et résoudre le problème de parking… que le bail avec la Régie des bâtiments va résoudre. » En théorie, c’est donc maintenant un feu vert du comité de quartier.

Pendant ce temps, « de fausses idées se construisent sur le ‘pourquoi ça bloque' », souligne Marie Boutet, la responsable communication de Gehlen. « Et à chaque fois que je publie un message pour défendre notre projet dans le groupe facebook Cointe, Mme Desonnay raye mon post. Bonjour la démocratie », regrette Antoine Lecoq, partenaire du groupe Gehlen pour l’aménagement de la salle d’escalade. C’est qu’Aurore Desonnay est à la fois présidente du comité de quartier, opposante en justice du réaménagement de la « basilique » et administratrice au contrôle total du principal groupe Facebook de Cointe, qui compte 19.000 membres. Une triple casquette qui fait grincer des dents.

A force de délais qui se prolongent, le site fait l’objet d’intrusions de plus en plus régulières et se dégrade. « Je n’en peux plus, je suis réveillé toutes les nuits par les caméras de détection que nous avons installées. Malgré les grillages, les intrus escaladent les murs et pénètrent dans le bâtiment pour y faire du vandalisme. En 5 ans, la basilique a pris 30 ans ! », regrette Antoine Lecoq.

Face à cette situation, une pétition a été mise en ligne, soutenue par le Dr Phiilippe Boxho dans une vidéo, qui appelle les personnes favorables au projet à se manifester. « On souhaite juste que celles et ceux qui sont favorables au projet puissent s’exprimer », soulignent leurs auteurs. Même si ça ne va pas directement influencer les processus de recours administratifs. « L’idéal serait que les trois personnes qui s’opposent acceptent de changer d’avis pour sauver la basilique, retirent leurs recours et soutiennent notre projet dans un dialogue constructif », se risque Antoine Lecoq.

De son côté, l’ex-président du comité de quartier, Olivier Hamal, ajoute: « On n’en voit pas d’autres, mais quel que soit le projet, il y aurait forcément eu des problèmes de parking et quelques nuisances ». Alors à quoi bon s’opposer pour s’opposer.
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Lien vers la pétition. https://www.petitionenligne.net/sauvons_la_basilique_de_cointe


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